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Sonnez la Trompette

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- Novembre / Décembre 2016 -

12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 16:46


tamar1Le chapitre 38 de Genèse est étonnant, car il interfère dans l’histoire passionnante et dramatique de Joseph, nous parlant d’une autre lignée - la lignée royale. Genèse 38 : allant visiter son ami ‘Hira d’Adullam, Juda est à la recherche d’une épouse… Alors que tout semble noir, et que les fils de Jacob se soient enfoncés dans le mensonge, englués dans la sordide vente de Joseph, mettant au comble le désespoir de leur père, le Seigneur ouvre une nouvelle porte… Il va utiliser une femme, Tamar.

Tamar par sa détermination, ressemble à Rebecca ou à Ruth. Comme Rébecca, Tamar est passionnée, violente même, n’hésitant pas à utiliser la ruse pour arriver à ses fins. Comme Ruth avec Bo’az, Tamar est présente pour accomplir la destinée divine, et donner à Juda l’héritier de la lignée royale. Celle-ci est décrite en Ruth 4 :18-22 : « Voici la postérité de Pérets… Salmon engendra Bo’az… Isaïe engendra David ». Certainement, Tamar avait gagné une réputation ; c’était dix générations en arrière. Le peuple bénissait Bo’az : « Par le fils que Tamar a donné à Juda, l’Eternel t’accorde, par cette jeune femme, une descendance aussi nombreuse que celle de Pérets ». Matthieu (1 :3) dans son évangile, a repris l’idée que Tamar n’est pas dissociable de Juda. De même aussi a-t-il associé Rahab à Salmon, père de Bo’az, et enfin Ruth à Bo’az – des femmes d’exception.

 

Juda épouse la fille d’un Cananéen nommé Schua

Alors que nous sommes captivés par l’histoire de Joseph, jeté dans une fosse et vendu par ses frères, et devant devenir le chef de l’Egypte mais également le « bekhor » - le premier-né de la famille selon la volonté de Jacob (1 Chron 5), il semble que le Seigneur nous interpelle au travers de cette digression de Juda. C’est l’histoire de ce frère ayant conseillé de vendre Joseph, plutôt que de le tuer. C’est Juda aussi qui sera l’intermédiaire et l’avocat entre Jacob et Joseph, sur « l’affaire » Benjamin que Joseph voulait mettre en prison et faire de lui son esclave (Gen 44 :18). On voit là le trait de caractère de Juda : princier – c’est celui qui intercède et qui défend. Malgré ses erreurs, que nous allons découvrir, Juda est prédestiné à être le départ de la lignée royale, selon la prophétie de Jacob (49 :10) : « Le sceptre ne s’éloignera point de Juda, ni le bâton souverain d’entre ses pieds, jusqu’à ce que vienne le Schilo et que les peuples lui obéissent ». De Juda est issue la lignée messianique qui aboutira au Messie, fils de David.

Selon le texte, Juda se sépara de ses frères et se retira chez un ami, ‘Hira (1) (= race noble). On a le sentiment que toute cette histoire concernant Joseph, a atteint Juda dans sa conscience. La tradition juive va plus loin : ses frères l’accusent d’avoir vendu Joseph, et font porter sur lui la responsabilité du « crime » - cette situation sera également vis-à-vis de Jacob leur père, un vrai traumatisme. Juda veut alors tourner la page, et il va se marier avec une Cananénne - ce qui est en soi une faute grave– et il aura 3 garçons : Er, Onan, et Schéla. La lignée messianique semble aller à l’échec ! Mais c’est compter sans la miséricorde de Dieu.

Son premier-né Er devenu adulte, Juda veut le marier avec une femme nommée Tamar. Dans la tradition juive, Tamar est la petite-fille de Chem, fils de Noé ! On ne connait pas le nom de l’épouse de Juda si ce n’est « fille de Shua », mais on connait par contre le nom de Tamar, qui va jouer un grand rôle.

Dieu fit mourir Er, car « il était méchant aux yeux de l’Eternel » ! Alors, Juda demanda à Onan, son second, de donner une descendance à son frère, auprès de Tamar. Cela se faisait, et Moïse en fera une loi, afin que le nom du défunt ne soit pas perdu. Mais Onan, égoïste et méchant également, refuse de suivre les directives paternelles, méprisant Tamar en « se souillant à terre »…  et Dieu le fait mourir. Il reste Schéla. Mais Juda craint pour son troisième fils – voyait-il la main de Dieu ?... De toute façon, Schéla est encore trop jeune, et Juda conseille à Tamar d’attendre quelques années, avant de l’épouser. On verra en fait que Juda refusera Schéla à Tamar (38 :26).

 

Tamar joue son va-tout !tamar2

Combien constatons-nous la véracité de la Bible, en voyant un tel scénario. Qui pourrait l’imaginer ? De même, peut-on réaliser combien le Seigneur nous aime, comme il aime Juda, en l’amenant dans une situation telle qu’il sera confronté à son propre péché, pour finalement le conduire dans une vraie repentance. On peut comparer ce scénario à l’histoire compliquée de David avec Batshéva donnant vie à Salomon : au travers du péché, le grand roi d’Israël verra le jour – « Dieu fait concourir toutes choses pour l’accomplissement de Ses desseins… » (Rom 8 :28).

On informe Tamar de l’arrivée imminente de Juda, qui vient de perdre sa femme. Tamar a concocté un plan, elle attend son heure. Tamar savait-elle que Juda serait sensible à la vue d’une prostituée ?... Sans doute. Déguisée, Tamar se laisse approcher et couche avec Juda. Une seule fois suffira, Tamar est enceinte. Désormais, le nom de Tamar sera associé au nom de Juda ! Là où Tamar fait preuve d’intelligence et de finesse est la caution qu’elle réclame de Juda, pour le prix d’un chevreau – trois pièces à conviction de choix : le sceau (ou l'anneau), son cordon et le bâton (2), constituant les insignes de Juda, son identité. Quelle légèreté et inconscience de la part de Juda de laisser dans les mains d’une « inconnue » son passeport et sa carte d’identité ! Spirituellement, ces objets représentent davantage : le sceau et le sceptre royal. Combien devons-nous être conscients de savoir que notre identité en Dieu est précieuse, et que nous ne pouvons nous compromettre en quoi que ce soit. Notre dignité est celle de Dieu Lui-même, que nous ne pouvons entacher par des alliances légères ou dans des situations douteuses.

 

Le jugement : qu’elle soit brûlée !

Trois mois après, on vient avertir Juda que Tamar est enceinte. On l’accuse même de s’être prostituée. Dieu veut qu’il y ait un jugement public… pour dévoiler le péché de Juda. En effet, aux yeux des hommes, Tamar est coupable de mort, et Juda lui-même réclame qu’elle soit brûlée ! Quel terrible jugement pour celui qui a vendu son frère aux Ismaélites.

Près de deux mille ans après, Jésus confrontera des pharisiens qui de la même façon condamnent une prostituée. Il leur répondra tranquillement : « Que celui d’entre vous vous qui s’estime sans péché jette la pierre contre elle ! »… et ceux-ci partiront, accusés par leur propre conscience.

Tamar est jugée devant un tribunal. Dans la tradition juive, Chem lui-même se trouve présent ; la sentence sera d’autant plus dure. Pourtant Tamar révèle un cœur plein de tact, elle ne veut pas humilier publiquement Juda ; de manière discrète, elle dévoile à son beau-père ce qu’elle détient, son cachet et son bâton. Juda comprend alors qu’il est le vrai coupable. Grâce à cela, par le fait que Juda a la force morale d’avouer ses péchés publiquement, il sera jugé digne de représenter la lignée royale du Messie ! On dit que le nom Yehouda prend tout son sens dans cette affaire, signifiant remercier, mais aussi avouer.

 

Porets, le Messie, faiseur de brèche

Comme souvent avec Dieu, le deuxième passe le premier. C’est le cas entre Ismaël et Isaac, Esaü et Jacob, et entre Manassé et Ephraïm. Dans cette naissance de jumeaux, nous voyons Zara’h le premier des deux, sortir la main ; la sage-femme lui met tout de suite un cordon rouge pour signifier qu’il est le premier-né. Mais surprise ! Perets sort le premier – son nom signifie « brèche, ouverture ». Il a créé la surprise, il a fait la brèche.

Comme le souligne le livre de Ruth, Perets est le chef de la grande lignée royale qui mènera au Messie : « Voici la postérité de Pérets… ». « Quelle brèche tu as faite ! » - ma paratsta ! Nous retrouvons ce verbe en Gen 28 :14, à propos de Jacob : « Jacob… tu t’étendras (paratsta) à l’occident et à l’orient, au septentrion et au midi ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité ».

Celui qui fait la brèche (haPORETS) - le prophète Michée parle du Messie en ces termes – Il est le Porets : « Celui qui fera la brèche montera devant eux ; Ils feront la brèche, franchiront la porte et en sortiront ; Leur roi marchera devant eux, et l’Eternel sera à leur tête ». Le Messie préparera le chemin ; Il enlèvera tout ce qui pourrait faire obstacle à la Délivrance, à la rédemption de Son peuple.

 

Zara’h et Perets

Zara’h signifie « briller, lumière jaillissante ». Dans la pensée juive, Zara’h parle du soleil au zénith, tandis que Perets parle de la lune, qui tantôt est là, tantôt disparaît. « L’histoire d’Israël se compare, dans sa grandeur et sa décadence, à la montée et la décroissance de la lune, et Pérets, l’ancêtre des rois de la lignée de David, incarne en sa personne, cette voie inconstante de la lune dans sa course autour du soleil » (commentaire « la Voix de la Torah »).

Or, prophétiquement et selon Esaïe 30 :26, « la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil »

D’une certaine manière, on peut comparer la lune à Israël, tandis que l’Eglise est personnifiée par le soleil, Christ étant ce soleil. Durant les deux mille de l’Histoire humaine, tandis que le Christianisme rayonnait, le monde juif traversait les siècles, apparaissant et disparaissant, selon les avanies de l’histoire et les persécutions des hommes. Mais à la fin des temps, Israël sera replacé à sa juste place et honoré – la lumière de la lune sera semblable à celle du soleil, Dieu faisant des deux peuples, un seul.

GF



(1) On dit que ‘Hira est l’aïeul de Hiram, roi de Tyr, qui sera l’ami de David (1Rois 5 :1), et qui contribuera à l’édification du Temple. Ainsi, Juda guidé par la Providence, ouvrait la porte aux destinées de son peuple, tout comme les Patriarches l’avaient fait avant lui.

(2) Un homme important du Proche-Orient antique signait ses contrats avec le sceau cylindrique qu’il portait à un cordon autour du cou. Le fait qu’elle demanda le bâton suggère que cet objet aussi portait des signes distinctifs permettant de reconnaître son propriétaire (cf Ge 38:25 « reconnais, je te prie, à qui sont … »). La coutume d’utiliser trois pièces d’identité est attestée dans la littérature ougaritique (cananéenne).


Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement
20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 13:57

 

« La Bible… est un livre juif. On ne peut la lire ou l’expliquer si on n’est pas prêts à devenir juif parmi les Juifs »

 Karl Barth.

« Ton peuple sera mon peuple… ton Dieu sera mon Dieu » - Ruth 1 :16


Sans-titre.jpgLa question est là qui doit nous interpeller, nous sonder, nous placer devant un choix. On pourrait finalement intituler ce message : « Juifs et Chrétiens, frères ennemis ? »… Car en fait, si le judaïsme et le christianisme sont deux religions distinctes, cela signifie que les Juifs et les chrétiens seraient des « frères ennemis ». En effet, n’avons-nous pas le même Père ?... Ne lisons-nous pas la même Bible, et notre foi n’est-elle pas fondée sur la même base scripturaire que les Apôtres du temps de Jésus ?... Ces derniers n’avaient en effet comme seules Ecritures, l’AT.


Prenons une autre image. Au départ, les chrétiens représentaient « une secte juive ». Secte vient du latin secare qui veut dire couper. Les chrétiens étaient issus du judaïsme mais coupés, séparés. Or n’est-il pas vrai que le mot « religion » signifie réunir – religare en latin ? Donc si nous sommes unis ou reliés à D.ieu en tant qu’enfants de Dieu, comment expliquer que le judaïsme est aussi « relié » à D.ieu ?... Devons-nous vivre « écartelés » ?


Schizophrénie spirituelle

Voilà le problème de l’Eglise d’aujourd’hui : elle vit une sorte de schizophrénie spirituelle. En tant que chrétiens, nous réalisons que nous sommes distincts du peuple juif et du judaïsme, mais nous savons intuitivement (c’est aussi une réalité objective) que nous sommes de la même racine, celle des patriarches Abraham, Isaac et Jacob. L’apôtre Paul (Romains 11) donne une superbe image de l’olivier sur lequel les chrétiens sont greffés, « au milieu des branches » d’Israël (1). Nous bénéficions donc de la même sève et de la même racine !


C’est alors que je reçus récemment les propos d’un ami chrétien de France. J’avais cité dans une lettre un texte d’Esaïe à propos de « la vengeance de D.ieu » à l’égard des nations et de Sa consolation envers Son peuple Israël, appelés dans le texte « les affligés de Sion ». (Esaïe 61) : « L'Esprit du Seigneur, l'Eternel, est sur moi...  pour publier... un jour de vengeance de notre Dieu ; pour consoler tous les affligés ; pour accorder aux affligés de Sion, pour leur donner un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d'un esprit abattu, afin qu'on les appelle des térébinthes de la justice, une plantation de l'Eternel, pour servir à SA gloire » - Esaïe 61

Dans ce texte d’Esaïe, nous avons les 3 premiers versets cités par Jésus en Luc 4, évoquant « l’année de grâce de l’Eternel ». Et nous savons que cette phrase n’est pas terminée, elle se poursuit : « … et un jour de vengeance de notre D.ieu ». Selon le prophète, ce temps concerne les derniers temps – le temps de la consolation d’Israël notamment et de la vengeance envers les nations.


La réponse de « notre ami » me choqua : « Je me refuse à utiliser les textes de l'AT pour autre chose qu'un éclairage du NT et de ce que nous dit et nous demande le Christ », dit-il.

Cette réflexion abrupte signifie que nous aurions 2 textes ou 2 bases scripturaires – l’Ancien Testament (AT) et le Nouveau Testament (NT) – et que le NT primerait sur l’AT. C’est normal, dirons certains, puisque le NT représente « la Nouvelle alliance ». Mais devons-nous pour cela, affirmer que l’AT - la Torah, les Psaumes et les Prophètes – sont caduques, et ne seraient que vieilleries dépassées ?... - Bien sûr que non - « Loin de là », écrira Paul. Jésus n’a-t-il pas dit qu’Il n’enlèverait aucun « yod » de la Loi (2) ? La plus petite lettre a en effet son importance et « l’AT » est encore la Parole de Dieu pour hier, aujourd’hui et demain. Elle est l’Alliance de D.ieu pour Israël et pour l’humanité. Au lieu d’être écartelés entre la Torah et la Nouvelle Alliance, croyons que D.ieu a conclu avec l’homme UNE Alliance (brit e’had) et que cette Alliance ne change pas, car elle est éternelle.


Dans la pensée chrétienne, la Parole dit que Jésus est le début et la fin, « l’alpha et l’Omega » (Apo 22:13). Le Seigneur de gloire était présent à la création du monde, Il a inspiré les écrivains qui ont écrit la Bible toute entière, et rien ne peut être ajouté ou soustrait (Apo 22 :18-19) à ce qui nous a été légué. Nous connaissons l’épisode des pèlerins d’Emmaüs – Jésus parla à ces croyants, leur disant : « Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait » - Luc 24:27. « Les Ecritures » représentent l’AT et elles ne sont pas caduques, elles sont la clé pour comprendre le projet de D.ieu.

 

La reconnaissance de cette réalité biblique implique donc des « décisions de foi ». Si je ne veux pas continuer à être perturbé dans ma foi, à savoir comment appréhender la réalité et la vérité permanente de la Loi vétérotestamentaire (AT) en sachant que je suis aussi dans la nouvelle Alliance (« né de nouveau en Jésus »), je dois accepter certains paramètres. Cela signifie que je crois que :

 

- le peuple juif et Israël en général possède (ad olam, pour toujours) une place dans le plan divin. Ainsi, l’Eglise ne peut pas ni ne doit se couper d’Israël, mais au contraire l’aimer et les respecter comme le frère aîné ;

 - les prophéties ne sont pas encore toutes accomplies, et elles intéressent les chrétiens au plus haut point ;

 - l’Eglise a subi une influence majeure depuis le tout début de son existence. En se coupant d’Israël, elle perd son identité, en adoptant le point de vue des nations et en subissant notamment l’influence de la philosophie grecque ;

 - le judaïsme et le christianisme ne sont pas antinomiques (qui s’excluraient). Jésus, Paul et les apôtres pratiquaient le judaïsme, venaient au Temple, priaient trois fois par jour ; ils n’ont pas rompu avec le judaïsme. Ainsi le christianisme n’est pas une religion nouvelle, mais une foi renouvelée issue de la foi juive.

 

Influences du paganisme

A partir du roi Constantin, on assista à l’entrée du paganisme dans l’Eglise, Constantin n’étant pas chrétien. Il se serait converti tardivement et baptisé alors qu’il était mourant. Dans l’Église primitive, Henry Chadwick (3) a dit de lui : « Comme son père, Constantin adorait le Soleil invaincu ; (...) on ne doit pas voir dans sa conversion un effet de la grâce (...), mais le calcul d’un chef militaire. Sa compréhension de la doctrine chrétienne ne fut jamais très claire. Néanmoins, il était sûr d’une chose : la victoire au combat était un don du Dieu des chrétiens ».

 

Pour apporter la paix à l’Empire, l’Empereur Constantin donna un statut officiel au Christianisme. Il déclara le Christianisme comme religion d’Etat, forçant les païens à se baptiser. Constantin savait qu’il lui fallait unir le paganisme et le Christianisme. L’église romaine était corrompue par les païens “convertis” devant être pacifiés ; la solution trouvée fut la « christianisation » des idoles. Ainsi, les religions babyloniennes furent-elles introduites par Constantin vers 313 (cf Concile de Nicée en 325). Constantin et l’Eglise romaine corrompirent le Christianisme afin de le rendre plus acceptable aux païens convertis par la force.

 

Les Fêtes païennes furent renommées « Fêtes chrétiennes ». En 375, l’Eglise de Rome sous le Pape Julius I annonça simplement que la date de naissance du Christ fut “découverte” comme étant le 25 décembre ; cela fut accepté comme telle par les “fidèles”. Le festival de Saturnalia et l’anniversaire de Mithra pouvaient dorénavant être célébrés en tant que l’anniversaire du Christ ! (A. Weigall, affirmait en 1928 : "Pendant trois siècles et demi, le plus puissant rival du christianisme fut la religion connue sous le nom de mithriacisme (…). Une grande partie de sa doctrine et de ses rites fut adoptée par l’Eglise ; ainsi fut-elle pratiquement absorbée par sa rivale" (The Paganism in our Christianity).

 

Quant aux statues, la nudité païenne fut couverte avec le costume d’une Christianité déformée. Les coutumes païennes impliquant vêtements, chandelles, encens, images, et processions furent toutes incorporées dans l’adoration de l’Eglise, se poursuivant jusqu’aux nos jours. Les rituels païens et idoles prirent des noms chrétiens (ex. : Jésus-Christ était présenté comme le soleil de la divinité remplaçant le Dieu du soleil Sol Invictus).

 

Les fausses doctrines dès les premiers temps : durant les trois siècles de l'Ere chrétienne, l'Eglise chrétienne conserva sa pureté. Elle subit d'incessantes persécutions ; les chrétiens furent jetés aux lions dans les arènes de Rome, plusieurs furent brûlé vifs, comme torches vivantes, d'autres se firent écarteler vivants ou arracher les yeux. Cependant ils demeurèrent fidèles à leur foi chrétienne jusqu'à la mort. Lorsque le diable vit qu'il n'atteignait pas ses objectifs par la persécution, il tenta de détruire l'Eglise par la corruption interne. C’est ainsi qu’au 4e siècle, après la conversion de Constantin, les grands changements eurent lieu dans l'Eglise chrétienne :

 - L'adoration des saints fut incorporée prenant ainsi la place des dieux du paganisme,

 - Marie, la mère de Jésus, fut élevée pour prendre la place des déesses féminines du paganisme,

 - Les fêtes païennes furent transformées en fêtes chrétiennes et en jours sacrés,

 - Le sacrifice de la messe fut développé et remplaça le souper de la « cène »,

 - La doctrine des peines éternelles et de l'immortalité naturelle de l'âme fut introduite dans l'Eglise pour mieux soumettre l'église,

 - L'observation du dimanche se répandit dans le reste du christianisme. En fait, c'est le roi Constantin qui passa la première loi civile du dimanche par laquelle il déclara que tous devaient se reposer au jour du soleil.

 

Premières conclusions

L’Eglise s’est revêtue de haillons, s’étant dépouillée de ses habits juifs, et devenant par le mélange du paganisme, une « prostituée ». Jésus n’a jamais cessé d’être juif, il est né juif et mort juif…. Et comme Jésus l’a affirmé à une Samaritaine, « le salut vient des Juifs » (Jn 4:22).

En conclusion, sans être honteux d’être appelés « chrétiens » (nous faisons partie que nous le voulions ou non du Corps de Christ), recherchons la vraie signification (« disciple de Christ » serait plus juste), et quel lien avons-nous avec le judaïsme biblique. Démarquons-nous de l’esprit babylonien et religieux qui habite souvent la Chrétienté, et recherchons nos racines hébraïques. En somme, mettons en pratique « la Loi » qui se résume en deux : 1) Aime le Seigneur l’Eternel de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute force et de toute ta pensée, et 2) aime ton prochain comme toi-même » (Luc 10:27)…. Et « tous verront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13:35).

 

1. De nombreuses traductions traduisent hélas « à la place de ». Une telle formulation peut donner l’idée que l’Eglise a remplacé Israël…

2. Jésus parlait évidemment de la Torah (traduit par « Loi). Or, la Torah est l’enseignement de Dieu, littéralement. Il n’y a rien de mauvais dans l’enseignement divin - au contraire, cet « enseignement » nous fait vivre.

3. Henry Chadwick (1920-2008) était un pasteur et un universitaire anglais, éminent historien de l'Église primitive.


(Article paru dans le "Sonnez la trompette" n° 97 – sept 2012)


Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement
10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 15:38

 

mount sinai

Chaque printemps, à la renaissance de la nature, le peuple juif fête Chavou’ot et se réjouit par des manifestations d’allégresse pour le magnifique cadeau de D.ieu : matan haTorah, le don de la Torah. Chavou’ot est l’anniversaire de la naissance du peuple juif en tant que nation. C’est une fête de joie. Pourtant, sait-on combien cet événement a été douloureux et grave, et même terrifiant ? Il a comme été enfanté dans la douleur, et il a fallu un homme tel que Moïse pour éviter au peuple juif d’être détruit, suite à la colère de Dieu.

Exode 19:18 « Le mont Sinaï était entièrement enveloppé de fumée car l’Eternel était descendu là au milieu du feu, et la fumée s’élevait comme celle d’une fournaise. Toute la montagne était secouée d’un violent tremblement de terre ».

Réalisons-nous la puissance de cet événement ? A fortiori, comprenons-nous ce que sera la venue du Messie-Roi sur la terre, quand nous voyons la Bible parler de « la vengeance de D.ieu », de la colère de l’Eternel devant se déverser sur les nations… Craignons l’Eternel, et humilions-nous sous Sa main puissante.

 

« Vous avez excité la colère de D.ieu »Moïse2

Deutéronome 9 décrit, sous la plume de Moïse, les événements qui se sont déroulés lors de Chavou’ot. Moïse rappelle les faits : « Sachez que ce n’est pas à cause de votre justice que D.ieu vous donne le pays promis, mais à cause de la méchanceté des nations ». C’est aussi parce que D.ieu a promis, et juré devant Abraham, Isaac et Jacob qu’Il leur donnerait cette terre « où coulent le lait et le miel ». C’est en fait pour l’honneur de Son nom. D.ieu ne peut se révoquer.

Pourtant dit Moïse, le peuple hébreu n’a fait qu’exciter la colère divine, par leur rébellion et leurs murmures, à tel point que D.ieu eut la pensée de les détruire : « Laisse-moi les détruire et effacer leur nom de dessous les cieux ; et Je ferai de toi une nation plus puissante et plus nombreuse que ce peuple » - Deut 9 :14. Le Seigneur était excédé.

Après 40 jours et 40 nuits (de jeûne sec) passés sur la montagne, Moïse reçoit donc les précieuses paroles, sous la forme des « Tables de la Loi », écrites du doigt de D.ieu.  Mais en descendant, c’est l’épisode du veau d’or ! Le peuple a cru Moïse mort, et s’est fabriqué une idole. Colère de D.ieu, colère de Moïse qui brise les Tables. Et nous voyons alors Moïse, regimbant devant l’appel de D.ieu pour faire sortir le peuple hébreu de l’esclavage, devenir un magnifique intercesseur, un avocat sans pareil pour défendre le peuple de Dieu. Quelle leçon pouvons-nous recevoir de Moïse lorsque D.ieu nous demande d’être des intercesseurs pour Son peuple, Israël ! Sommes-nous prêts à mettre notre vie en balance comme Moïse l’a fait ? « Tue-moi, je te prie » (No 11 :15) avait-il supplié ; « Efface-moi de ton livre ! » - Ex 32 :32. Moïse a intercédé, a plaidé, et même passé 40 jours et 40 nuits supplémentaires sans manger ni boire, et D.ieu lui a donné les deux autres Tables.


« Reviens de l’ardeur de Ta colère, repens-toi ! »

Exode 32 nous relate ces faits : Moïse confronte D.ieu, d’égal à égal. Quelle ‘houtspa dirait-on ici en Israël, quelle audace d’interpeller ainsi le Créateur de l’univers ! Et D.ieu se repentit, et revint de l’ardeur de sa colère… et pourtant, il y eut un jugement terrible. Moïse lui-même prit les choses en main, interpelant les Lévites : «  A moi ceux qui sont pour l’Eternel ! Et tous les enfants de Lévi s’assemblèrent autour de lui » - Ex 32 :26. Moïse prit la terrible décision de faire périr les acteurs de cette rébellion : « Les enfants de Lévi firent ce qu’ordonnait Moïse, et environ 3000 hommes parmi le peuple périrent en cette journée ».  Pourrions-nous faire le parallèle avec les 3000 âmes qui furent sauvés lors de la Pentecôte !? « Ceux qui acceptèrent sa parole (de Pierre) furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples augmenta d’environ trois mille âmes » - Actes 2 :41. La différence entre Chavou’ot et Pentecôte est de taille ! Avant Pentecôte a eu lieu le déversement de la colère de D.ieu sur le Fils de l’homme, l’Agneau de Dieu. A la Croix, la justice de D.ieu a été satisfaite, et la grâce de l’Eternel pouvait se répandre sur tout homme, de toute nation, comme cela s’est fait à Jérusalem, 50 jours après Golgotha – 50 jours signifiant le jubilé, la libération des esclaves, et celle de l’Esprit répandu sur terre.


Que chacun soit vrai envers l’autre !

En Zacharie 8, D.ieu rappelle une nouvelle fois le contexte du Don de la Torah : « J’ai eu la pensée de vous faire du mal, lorsque vos pères m’irritaient, et Je ne me suis point repenti. Mais Je reviens en arrière et J’ai résolu de vous faire du bien… ». D.ieu transforme la malédiction en bénédiction. Et le prophète d’énoncer quelques règles de vie qui pourraient être des remèdes à la malédiction - selon Zach 8 :16-17 :

  • Que chacun « dise la vérité à son prochain » (nécessité de transparence),
  • Que la justice soit empreinte de vérité,
  • Que nul ne dise du mal de son prochain,
  • Que l’on ne fasse pas de faux serment (paroles ou alliances de mensonge)

Puis Dieu donne sa conclusion : « Aimez la vérité et la paix » - Ayez l’amour de la vérité, recherchez la paix.

Nous avons une corrélation dans le NT en Ephésiens 4 ; Paul nous demande de "revêtir l’homme nouveau". Les mots sont presque identiques que chez le prophète. La VERITE est encore une fois la clé. L’Eglise a-t-elle revêtu cet « homme nouveau » ?... La vérité est-elle celle qui régit nos relations entre chrétiens ?... Rien n’est moins sûr, hélas. Sachons que dans les derniers temps, le Seigneur exigera « l’amour de la vérité » pour contrer la puissance du mensonge que l’antichrist manifestera – 2 Thess 2 :10-12 :

« L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie-t-il une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés » 


Israël, malédiction pour les nations ?croix

Dans notre passage de Zacharie 8:13, nous voyons cette parole étonnante : « De même que vous avez été en malédiction parmi les nations (klalah bagoyim), maison de Juda et maison d’Israël, de même Je vous sauverai, et vous serez en bénédiction. Ne craignez pas, et que vos mains se fortifient ! ».

Il est important de comprendre le mystère d’Israël ! L’apôtre Paul nous le recommande (Rom 11 :25) : « Je ne veux pas que vous ignoriez ce mystère, (Israël) ! ». Auparavant, il était dit : «  Eglise ne te glorifie pas (au dépend du peuple juif)… sache que ce sont les racines (Israël) qui te portent ! » (Rom 11 :18). Deut 32 :43 : « Nations, chantez les louanges de Son peuple ! », nous dit l’Eternel.

La Bible déclare qu’Israël a été « malédiction pour/par les nations » - Klalah bagoyim. Pouvons-nous bénir et être béni par un peuple qui a été malédiction dans les nations ? Bien sûr que oui. Même si la question est complexe, tel un mystère profond. Mais un mystère aussi profond que celui du Fils de l’Homme qui est monté sur la Croix, et qui lui aussi, a été fait « malédiction pour nous » ! Lisons Gal 3 :13 : Christ est également devenu malédiction !

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois, afin que la bénédiction d’Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous reçussions par la foi l’Esprit qui avait été promis » - Gal 3 :13.

Comprenons-nous cela ? Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu parfait, a été offert en holocauste (il s’est Lui-même offert) et a encouru la colère de Dieu qui s’est abattu sur Lui. Et comme nous le savons, Dieu a transformé la malédiction en bénédiction ! Christ est devenu salut pour tous les hommes qui croient en Lui.

Qu’en est-il pour Israël ? Le peuple juif qui incarne la Loi/Torah, est devenu malédiction dans les nations (lire aussi Ezéchiel 36 :19-20). En fait, la présence des Juifs dispersés hors d’Israël depuis 2000 ans, fait ressortir la haine envers Dieu dans les nations. Le peuple juif est le révélateur du mal. L’antisémitisme est une plaie qui s’apparente à la haine envers Dieu, et le Juif stigmatise, fait remonter à la surface cette haine… de la même façon que la Loi révèle le péché : « Pourquoi la Loi ? Elle est intervenue afin de démasquer le péché et de mettre en évidence sa puissance » - Rom 5 :20 (Parole Vivante).

Mais Dieu a décidé de transformer le mal en bien, la malédiction en bénédiction. Le peuple juif et l’Israël d'aujourd’hui est devenu une grande bénédiction pour le monde ! Dans tous les domaines – médical, scientifique, artistique, agricole, etc… Tant de "Nobélisés" sont juifs ! La civilisation judéo-chrétienne issue de la Bible a apporté au monde de belles valeurs constituant le fondement de l’humanité. 

Que dit Paul au sujet de ces deux peuples que sont l’Eglise et Israël ?... Il déclare que, de rebelles qu’ils étaient avant, capables tous deux d’encourir la colère de Dieu, ils ont obtenu la miséricorde divine par pure grâce, et ils connaissent dorénavant Sa bénédiction. La justice de Dieu a été satisfaite, et Sa colère apaisée – Gloire à D.ieu !

« De même que vous (les chrétiens) avez autrefois désobéi à Dieu et que par leur désobéissance (les juifs) vous avez maintenant obtenu miséricorde, de même ils ont maintenant désobéi, afin que par la miséricorde qui vous a été faite, ils obtiennent aussi miséricorde. Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous » - Rom 11 :30-32.

GF – juin 2012


Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement
11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 13:45


magen david webLes boucliers de Dieu sont d’une haute protection pour le croyant biblique. Et le chrétien est un homme particulièrement bien armé, les conditions étant bien sûr l’obéissance et la foi, avec des armes défensives et offensives. Une image biblique des deux boucliers nous donne un exemple d’un sens plus profo
nd pour le chrétien : 

« Préparez le petit bouclier et le grand bouclier, et marchez au combat ! » Jér 46:3 - « Tu bénis le juste, ô Eternel ! Tu l’entoures de ta grâce comme d’un (grand) bouclier » - Ps 5:13

 

 Nous connaissons en outre les conseils de l’apôtre en Ephésiens 6 qui sont une invitation à ne pas baisser la garde mais être à la fois vigilant et offensif : « Prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin » - Eph 6:16.

 

Magen et Tsina

Ps 7 :11 « Mon bouclier est en Dieu, qui sauve ceux dont le cœur est droit ». Ce verset nous parletempliers du petit bouclier appelé magen. De là vient l’expression magen david – c’est le bouclier ou l’étoile de David[1]. Il y a aussi l’expression « le bouclier d’Abram ». En Gen 15, Dieu dit à Abram : « Ne crains pas, Je suis ton bouclier » - anokhi magen lekha. Il y avait une protection surnaturelle sur ces hommes, comme sur tout Israël. On ne porte pas la main sur l’oint de Dieu - Israël, impunément.

 Le verset du Ps 7 est suivi d’une description d’ennemis tirant des flèches brûlantes ou traits meurtriers qui nous font penser aux traits enflammés du malin, d’Ephésiens 6 :16. On comprend alors que le bouclier/magensert à arrêter ce type de flèches tirées par des personnes mal intentionnées.

 A côté de cela, dans le Ps 5, Dieu nous parle d’un autre bouclier - Ps 5:13 « Car tu bénis le juste, ô Eternel ! Tu l’entoures de ta grâce comme d’un bouclier ». Ce bouclier est le tsina servant à protéger tout le corps. Dans ce verset donc, on peut comprendre que Dieu nous entoure (atar = couronner, couvrir) de Sa grâce totalement. La protection du tsina est différente de celle du magen.

 Faisons maintenant un parallèle avec le NT.

 

La prière du Seigneur

En Matthieu 6 :9-13, Jésus nous enseigne une prière : « Voici comment vous devez prier… ». En réalité, comme nous le voyons dans l’encadré ci-dessous, Jésus n’a rien inventé qui ne soit déjà issu du judaïsme. Cette prière est cependant devenue spécifiquement chrétienne. Dans la section des demandes par rapport à l’homme, il y a cette requête : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».

 Le commentaire de ma Bible dit ceci : Cette requête « pardonne-nous nos offenses » s’assortit d’une condition : « comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Le problème suscité par cette condition trouve cependant sa solution : la doctrine chrétienne du salut distingue 2 aspects du pardon divin. Tout d’abord, au moment de la conversion, le pardon accordé au pécheur couvre l’offense constituée par l’ensemble de ses péchés (Eph 1:7) ; l’offense est ainsi annulée. Une seule condition est nécessaire pour obtenir ce pardon : le recevoir par la foi en Christ, une fois pour toutes Rom 4:5-8.

 Le second aspect du pardon concerne ceux qui sont devenus les enfants du Père céleste, et vise plus particulièrement le domaine de la communion avec Dieu, lorsqu’elle est interrompue par le péché. La condition à remplir pour obtenir ce pardon-là est double : confesser le péché puis l’abandonner (1Jn 1:9; Ps 66:18; Prov 28:13).

 

La rédemption comme un tsina

Nous avons chaque jour à nous réjouir de ce privilège, en tant qu’enfants de Dieu, en étant « couverts » par le sang de l’agneau qui a coulé sur la croix – une fois pour toutes : nous sommes « gratuitement justifiés par Sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ » - Rom 3 :24. Quelle extraordinaire nouvelle ! Cette « grâce » nous apporte à la fois une protection plus efficace que tous les boucliers, mais aussi la paix et la sécurité, celle de se sentir dans la main du Père. Qui ne voudrait de ce cadeau du ciel ? Notre paix est établie dans le ciel et surpasse tous les problèmes d’ici-bas ; notre futur est assuré, plus d’inquiétude.

 Bien évidemment, comme le souligne le commentaire, nous avons besoin chaque jour de nous « laver » de nos offenses envers Dieu, des péchés que nous commettons, et de retourner à la source de la pureté en Dieu. La parole de 1 Jean 1 :9 est notre antidote, avec la condition de prier avec sincérité de coeur : « Si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toutes iniquités ».

 

Le magen pour combattre, avec l’épée

Selon Ephésiens 6 :13-17, pour remplir notre mandat  de faire connaître aux nations la bonne nouvelle de l’Evangile, le Seigneur nous a équipés d’armes offensives. C’est avant tout l’épée de la parole à utiliser avec le magen. Ce petit bouclier est léger et permet d’éviter les flèches et les coups au combat, tout en maniant l’épée. L’épée désigne la prière, la louange, l’intercession et la proclamation de la Parole, capable de changer les événements, guérir les malades, faire fuir les démons… Dieu nous a donné cette responsabilité d’être des combattants, au sein de notre famille, pour nos proches et notre entourage, également pour des buts plus élevés, en faveur de notre pays, pour l’accomplissement des prophéties, et notamment pour bénir et soutenir Israël[2].


 [1] Le bouclier de David - Lorsque David était recherché par Saül, il s’est caché dans une grotte, et quand les soldats sont entrés, une araignée aurait tissé une toile prenant la forme d’une étoile à six branches cachant David. Cette étoile était également présente sur le bouclier des soldats lors de toutes les batailles remportées par Israël sur ses ennemis. Les six pointes de l’étoile et les six intersections peuvent aussi représenter les 12 tribus d’Israël.

[2] Lire à ce sujet le livre de Derek Prince : « La destinée d’Israël et de l’Eglise ». Derek Prince a été un leader en Israël, un vrai général dans la foi. Son témoignage et ses conseils sont précieux pour apprendre à utiliser nos armes.

Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement
31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 10:45

 

babel1997.jpgOu comment différencier la véritable Eglise de la fausse…  

« Qu’on leur écrive de s’abstenir des souillures des idoles (des viandes sacrifiées aux idoles), de la débauche, des animaux étouffés et du sang » - Actes 15 :20, 29 (et Ac 21 :25). Cette recommandation s’adressait aux Gentils – les non-juifs – et il semble qu’aujourd’hui, ces paroles n’aient guère de sens, car elle parle surtout nourriture. Et pourtant ! Ces paroles, lues sous un aspect prophétique, permettent de différencier la vraie et la fausse Eglise… 

Les « Gentils » représentent l’Eglise des nations, et la lettre écrite par Yaaqov/Jacques, le chef de l’Eglise de Jérusalem, libérait les Gentils ou non-Juifs, des règles alimentaires (cacherout) imposées aux Juifs par la Torah, prenant soin de ne pas surcharger les nouveaux convertis des prescriptions de la Loi.   

Cette décision qui notamment n’exige pas la circoncision pour les Gentils, ne nous demande pas de renier l’héritage de l’AT. Nous chrétiens ne sommes pas soumis aux 613 commandements, mais devons respecter la Torah, et dans la pensée juive, ce sont les 7 Lois noachides "qui nous définissent".

 

L'interdiction de l'idolâtrie – Foi en un Dieu unique

L'interdiction de blasphémer - Respect dû à Dieu

L'Interdiction de tuer et de se suicider - Respect de la vie humaine

L'Interdiction du vol - Respect de la propriété d’autrui

L'Interdiction des unions immorales - Respect de l’intégrité familiale

L'Interdiction de consommer d'un animal vivant – Respect de la vie animale

L'Obligation d'instituer des tribunaux -  Institution d’une justice équitable

 

A quoi correspond la directive d'Actes 15 :20 ?

Elle correspond à trois points, qui, selon le verset 21, étaient enseignés chaque chabbat, et lus dans la Torah – ce sont de réelles transgressions/interdits vis-à-vis de D.ieu Lui-même, et nous pouvons les résumer ainsi : 

 

IDOLÂTRIE – IMPUDICITE – MEURTRE

 

Idolâtrie – c’est mettre quelqu’un ou quelque chose à la place de Dieu

Débauche (porneia) ou Impudicité – c’est l’utilisation de la création pour un autre usage que celui prévu par Dieu

Meurtre (sang) – c’est prendre la liberté de disposer d’une vie qui n’appartient qu’à Dieu. C’est en fait conduire des gens à la mort, physique ou spirituelle, et c’est souvent la conséquence des deux premiers interdits.

 

1) Renoncer au Mal et choisir le Bien

Nous sommes là dans un registre qui n’a rien à voir avec la nourriture ou des lois relevant du domaine sexuel, mais bien devant des interdictions qui touchent l’intégrité de D.ieu. Nous sommes comme en face des recommandations de Deutéronome 15, de « renoncer au Mal et de choisir le Bien ».

 

Deut 30 :19 SEM : « Je prends aujourd’hui le ciel et la terre à témoins : Je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants ».

 

Problème de l’Eglise d’aujourd’hui : L’Eglise d’aujourd’hui se trouve confrontée à ce problème, elle est à un carrefour. Or, ce problème est lié à Israël. Les temps que nous vivons voient l’Eglise se diviser en deux, selon la vision ou pas, de Sion – il y a l’Eglise qui aime Israël et l’autre qui s’en détourne, et qui deviendra l’Eglise de Babylone, ou la Prostituée (Apo 17). C’est aussi celle qui correspond à l’Eglise de Laodicée, selon Apo 3 :14-19. La doctrine de cette « Eglise impudique » est appelée « KINGDOM NOW » : le Royaume maintenant. Cela correspond au mouvement de « Restauration », lui-même lié au Post-Millénarisme et la théologie de remplacement.

JEZABEL

 

2) L’impudicité de l’Eglise

Une Eglise qui tombe dans l’orgueil de se croire forte, toute-puissante par le nombre de ses membres, est une Eglise qui regarde trop à elle-même. Elle « s’aime » et d’une certaine manière tombe dans le péché de « l’homosexualité spirituelle ». Cette Eglise de type « nombriliste » a perdu la vision à la fois verticale et horizontale – la force qui vient d’En-haut, et l’amour devant s’exercer pour autrui.  

De même, croire que l’Eglise est l’incarnation de Jésus sur la terre en étant le Royaume de Dieu sur terre, élude complètement Israël et la venue du Messie à Jérusalem. Cette Eglise se croit auto-suffisante, en coupant ses propres racines avec Israël. C’est un péché d’autant plus grand qu’elle refuse de croire aux prophéties qui touchent Israël, en se les attribuant. C’est une abomination devant Dieu. Voilà pourquoi ce type d’Eglise qui prétend convertir le monde par ses propres forces est appelé dans Apo 3, une Eglise qui se croit riche, n’ayant besoin de rien, alors qu’elle est « misérable, pauvre, aveugle et nue ». Dieu la vomit.

  

3) Le meurtre

Tout enseignement aujourd’hui qui occulte le ministère d’Israël et la venue du Messie à Jérusalem participe à l’esprit de Babel/Babylone. Ces enseignements erronés ou fausses théologies tuent, de la même façon que celui qui ne suivait pas la Nuée dans le désert mourait de soif. L’aveuglement pour la vérité mène à la mort. L’ennemi va déployer toutes ses forces pour aveugler les chrétiens, et maintenir fermé l’entendement de ceux qui ne veulent pas croire à cette vérité.

  

2 Thess 2 :11 dit ceci : « L’apparition de cet homme se fera grâce à la puissance de Satan, avec toutes sortes d’actes extraordinaires, de miracles et de prodiges trompeurs. Il usera de toutes les formes du mal pour tromper ceux qui se perdent, parce qu’ils sont restés fermés à l’amour de la vérité qui les aurait sauvés. Voilà pourquoi Dieu leur envoie une puissance d’égarement pour qu’ils croient au mensonge ».

 

Note : La formule « La triple structure du mal » a été utilisée par Alain de Chalendar (Sens N°353, nov 2010), lui-même ayant reçu cet enseignement du Père Pierre Schilling, cistercien.   

Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement
19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 12:41

worshipDans la parasha [1] « a’haré mot » (après la mort) - Lév 16-19, il est question des deux frères aînés du souverain sacrificateur Aaron, foudroyés sur place, parce qu’ils avaient apporté un feu étranger sur l’autel des parfums. Quel est l’enseignement tiré de cette tragédie concernant la louange et l’adoration?...  

Reportons-nous aux faits : « Les fils d’Aaron, Nadab et Abihu, prirent chacun un brasier, y mirent du feu, et posèrent du parfum (de l’encens) dessus ; ils apportèrent devant l’Eternel du feu étranger, ce qu’il ne leur avait point ordonné. Alors le feu sortit de devant l’Eternel, et les consuma, ils moururent devant l’Eternel » - Lév 10.

 

Pas de feu étranger

Lév 16 :12 le précise : les braises (le feu) doivent être pris de l’autel d’airain (mizba’h hane’hochet) sur lequel ont lieu les holocaustes. C’est le seul feu « qui ne s’éteint pas » (Lév 6 :5) -les sacrificateurs avaient ordre de l’entretenir en permanence. C’est de là que doivent venir les braises pour « l’autel des parfums » (mizba’h haqtoreth), sur lequel on jetait deux pleines poignées de parfum, d’encens réduit en poudre.

Nous savons que l’autel d’airain où ont lieu les sacrifices d’expiation et les holocaustes parle de l’Œuvre de la Croix. Ce qui a été accompli à la Croix est le sacrifice par excellence en Christ, sacrifice unique pour le pardon des péchés. C’est de là que doit provenir la joie de la louange, « le feu de l’adoration ».

Nous devons comprendre combien la louange et l’adoration jouent un rôle primordial dans le culte à D.ieu. C’est ainsi un élément susceptible d’être attaqué par l’Ennemi, qui emploiera toute son énergie à ce que ce ministère soit dévoyé ou annulé. Notons ainsi quelques principes :

  • L’adoration doit toujours être fondée sur la justice divine manifestée à la Croix. Le sang de l’agneau qui a coulé sur la Croix doit être la base de toute louange et adoration.  

 

Pas de parfum étranger

autel des parfumsEx 30 :9 stipule de même que l’on ne peut mettre sur l’autel (des parfums) du « parfum étranger », c’est à dire de l’encens n’ayant pas été préparé exclusivement pour cela. La question pour une équipe de louange lors d’un culte est celui-ci :  « Y a-t-il une onction qui émane de nos chants et de notre musique ?... Le parfum qui s’en dégage honore-t-il D.ieu ? »

  • Le parfum étranger est l’image d’une adoration profane, charnelle. L’encens parle de la sainteté de l’Eternel. De l’encens devait brûler en permanence « devant l’Eternel » (Ex 30 :8). Une louange qui ne glorifie pas D.ieu n’a pas sa place dans un culte. La sainteté est manifestée sur tous les plans : au niveau des instruments, de la voix, et du visuel.

 Ps 87:7 : « Ceux qui chantent et ceux qui dansent s’écrient : toutes mes sources sont en Toi ! ». Ce verset dit bien ce qu’il veut dire. Un instrumentiste jouant sans conviction, un chanteur chantant sans consécration, n’ont pas leur place dans la louange du culte. Chacun dans ce ministère doit refléter la sainteté, autant dans son attitude que dans son vêtement. Réalisons qu’à chaque fois que l’on conduit la louange et l’adoration, c’est en présence du Roi des rois et tous Ses anges.

 

On ne doit pas sentir le parfum…

encensLe parfum était fait d’une manière très spéciale, et les proportions d’ingrédients très précises : « Vous ne ferez pas de parfum de même composition pour votre usage personnel. Vous le considérerez comme une chose sainte, réservée à l’Eternel. Celui qui en fera pour jouir de son odeur sera retranché de son peuple.» - Ex 30 :38. Cela parle d’une jouissance olfactive liée à une satisfaction personnelle.

  • Participer à un groupe de louange nécessite une consécration entière. On ne joue pas devant l’Eternel pour se faire plaisir. Animer la louange est, à l’image du sacrificateur opérant un sacrifice d’actions de grâce, un sacrifice vivant, « de bonne odeur à l’Eternel ». La voix, les paroles, le jeu d’instrument, le comportement – tout est consacré au service divin, dans une vraie attitude d’humilité et souci de perfection.

 

La louange, un ministère sensible et précieux

Le jugement des deux fils d’Aaron doit nous interpeller. Le ministère de louange est précieux devant D.ieu, et il ne souffre d’aucune légèreté. Nadab et Abihou avaient été à l’honneur, puisque selon Ex 24 :9, ils avaient contemplé la présence glorieuse de D.ieu avec Moïse, Aaron et les 70 anciens d’Israël. Mais ils ont mis du « feu étranger » sur l’autel des parfums. Erreur impardonnable.

D.ieu n’a fait aucun cas du « privilège » des deux frères d’avoir goûté Sa présence, en compagnie de  Moïse. Comme pour Uzza qui a porté la main sur l’Arche de manière inconsidérée, et comme pour Ananias et Saphira qui ont parlé légèrement (ou menti), le jugement divin est tombé, sans appel. Cela touche la sainteté de l’Eternel.

La louange est « une chose sainte » - elle peut faire trembler l’ennemi et le vaincre, comme lorsque le roi Josaphat avait placé les chantres et les musiciens en tête de l’armée. A Jéricho, les chants, les trompettes et le son du shofar ont fait s’écrouler les murailles.

L’ennemi ne fait pas de quartier. Nous devons prier pour ces hommes et ces femmes qui sont sur la brèche, sur le front de la bataille. Et nous devons avoir conscience de la sainteté de l’Eternel dans ce domaine si précieux qu’est la louange et l’adoration, pour D.ieu.

Le 15 avril 2011 - GF

 

[1] La parasha est une des 52 portions de la Torah lues chaque semaine - une manière de lire la Torah en un an. C’est une habitude que Jésus connaissait, selon Luc 4 :16 : « Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et entra, selon sa coutume, dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Ésaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il était écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi… »

Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 10:28

cant des cantiquesTazri’a est le nom de la parasha du 2 avril 2011 (Lévitique 12 et 13). Le mot tazri'a désigne la femme qui est « fécondée, ensemencée »… et devient enceinte. C’est la Loi de la nature, et elle est valable aussi dans le domaine spirituel. En Christ, nous avons été « fécondés » – sa semence de vie a été déposée en nous, Il a ouvert le chemin de la Vie de D.ieu pour nous, et nous avons la responsabilité de grandir et de porter du fruit.

 

Le passage nous montre que lorsqu’il s’agit d’un fils, la mère reste 7 jours impure jusqu’à la circoncision, et il faut 33 autres jours (1) pour achever la purification de son sang – cela fait en tout 40 jours (2). Il semble en fait que de la conception ou de l’embryon à la formation du fœtus, 40 jours sont nécessaires. On peut voir ainsi que le chiffre 40 possède une forte valeur symbolique, et parle de maturation.

 

A la naissance de son enfant, la mère dans la Bible devait aller au Temple et porter au sacrificateur/cohen un sacrifice double : un agneau pour holocauste, et une tourterelle (tor) ou pigeon (yona) pour sacrifice d’expiation. Pour les gens pauvres qui ne peuvent payer un agneau, un oiseau suffit pour chaque sacrifice. En Luc 2 :22-24, nous voyons que Marie, après avoir accouché de Jésus, et achevé « les (40) jours de purification », est venue elle-même au Temple offrir deux tourterelles (ou pigeons) comme sacrifices. 

 

On peut s’étonner de voir qu’il y ait besoin de sacrifice pour une naissance. Mais réalisons, outre le fait que le sang a besoin d’être purifié (3), qu’il y a comme une mort, ou plutôt le passage d’un état d’embryon dans le ventre maternel, à un autre état – celui de bébé pour une nouvelle vie. L’accouchement est semblable à une mort, comme une graine qui meurt dans la terre, et renaît à la vie. C’est pour la mère elle-même une épreuve difficile, une transformation dans son propre corps, et qui change totalement sa perspective de vie : de jeune fille, elle devient mère. Et la mère doit ainsi être renouvelée dans son corps et dans son psychisme – l’esprit de vie, par le sacrifice, la régénère et l’équipe pour les jours à venir. 

 

BirdsMosaic11.jpg
Les deux sacrifices correspondent à l’holocauste (‘ola – élévation à D.ieu) et au sacrifice d’expiation (‘hatta). Ce sont les deux sacrifices exigés par D.ieu – l’un qui est « d’agréable odeur à l’Eternel » et l’autre qui n’est « pas une agréable odeur à l’Eternel ». La Croix est l’image de ces deux sacrifices complémentaires, auxquels Christ a pourvu, en étant à la fois l’Agneau parfait et la colombe innocente : 1) Christ s’est offert pour parer à nos faiblesses – c’est l’holocauste, 2) Il a souffert à cause de notre désobéissance – c’est le sacrifice d’expiation.

 

Nefesh tortekha – « l’âme de ta tourterelle »

Dans le Cantique des cantiques (2 :14), Salomon/le Messie appelle la Shulamithe/sa fiancée/Israël : Yonati« ma petite colombe ». C’est un diminutif affectueux de Yona, la colombe. De la même façon, D.ieu dit à Israël, sa colombe : « Fais-moi entendre ta voix ! ». Plus haut, il est question de la voix de la tourterelle – Qol hator. C’est aussi dans ce passage où la Shulamite dit à son amoureux : dodi li ve’ani ledodi – « mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui » - Cant 2 :16.

 

Dans le Psaume 74 :19, Israël est désignée comme « une tourterelle ». Le psalmiste criait à D.ieu : « Ne livre pas l’âme de ta tourterelle aux bêtes… Aie égard à l’Alliance ! ». Paroles remplies d’émotion, lorsque l’on pense au meurtre de la famille d’Itamar en Israël, récemment victime d’un assassinat barbare – un couple et trois enfants dont un bébé, tous poignardés ou égorgés. 

 

De même, nous pensons à cette chrétienne décédée lors du récent attentat de Jérusalem, des suites de ses blessures occasionnéesitamar-fogel-2.jpg par une bombe pleine de clous. Mary, c’est son nom, avait 56 ans, et se réjouissait de vivre en Israël pour mieux étudier l’hébreu et parfaire ses traductions de la Bible. Sa vie a été fauchée, comme celles de la famille juive qui habitait par la foi dans les collines de Judée-Samarie, sur la terre que D.ieu leur avait donnée.

 

Une terre fécondée

D.ieu avait fait alliance avec Israël en lui donnant la terre, et cette terre était comme « une épouse » - Es 62 :4 - elle est ‘hefsiba – le plaisir de Dieu en elle. Cette terre est d’une manière prophétique, ensemencée par le sang versé sur son sol. Elle a été ensemencée en premier lieu par le sang de l’Agneau qui a coulé à la Croix. C’est une terre qadosh, spéciale pour l’Eternel, et c’est sur cette terre, à Jérusalem la ville de D.ieu, que le Messie posera Ses pieds.

 

Ne peut-on pas penser que ces vies fauchées, égorgées comme des tourterelles, sont des semences pour la terre ? Prions comme Asaph, en criant à l’Eternel « Ne livre pas l’âme de ta tourterelle aux bêtes… Aie égard à l’Alliance ! », mais ajoutons et proclamons que la terre ainsi ensemencée, portera du fruit, et que ce fruit est et sera une bénédiction pour Israël et l’humanité entière.

GF – 3 avril 2011

 

 

(1) Lorsqu’il s’agit d’une fille, c’est multiplié par deux : la mère aura besoin de 14 jours + 66 jours (= 80 : 2 x 40 jours) pour récupérer, et purifier son sang.

(2) N’est-ce pas pour cela que Jésus, qui a ouvert « une route nouvelle et vivante qu’Il a inaugurée pour nous au travers du voile c'est-à-dire de sa chair » (Héb 10 :20), est resté 40 jours sur terre avec ses disciples avant de monter au ciel ? (Ac 1 :3). Le voile a été déchiré - en grec katapetasma ; en héb POREKHET – Ex 26 :31. Ce voile séparait le Lieu saint du Lieu très saint ; il est le même que celui qui a été déchiré dans le Temple, à la mort de Christ. Perekh désigne la cruauté, la dureté – c’est ce que D.ieu ôte en nous, et déchire, lorsque nous « naissons de nouveau ».

Chez la femme, « le voile » est clairement désigné par l'hymen, cette petite membrane fermant partiellement l'orifice vaginal, et qui dit-on, n’a aucune utilité physiologique. Or, cette membrane, l’hymen, se rompt lors du premier rapport sexuel, entraînant une légère perte de sang (lire « le voile déchiré »)

(3) « Le sacrificateur fera pour elle l’expiation, et elle sera pure » - Lév 12 :8. 

Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement
21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 12:02

Etude : « La peur, tueuse de foi »

 

« La faute des explorateurs » selon les maîtres du judaïsme (désobéissance et manque de foi des « espions », excepté pour Caleb et Josué) a été la cause ayant occasionné les grandes tragédies vécues par le peuple juif, à savoir : la destruction des deux temples et l'exil. C'est donc un problème énorme qui, si l'on en examine l'origine et les racines, nous montre qu'il nous est familier.


Quelle est en fait l'origine de cette « faute » ?... Moïse dans le Deutéronome remémore les erreurs du peuple juif et commence par la plus grande : la faute des explorateurs. Et il raconte (Deut 1 : 27) : « Quand  vous avez murmuré, vous avez dit : C'est parce que l'Eternel nous hait... ». Les hébreux avaient le sentiment que Dieu les haïssait ! « Il nous fait sortir du pays de l'Egypte afin de nous livrer entre les mains des Amoréens et de nous détruire ». Ils n'avaient pas confiance en Dieu et ont eu naturellement peur des ennemis. Mais au départ, ils avaient peur et cette peur les a paralysés et annihilé leur foi. En outre, la peur entraîne la désobéissance.


Origine de la peur - Généralités

1)      Habituellement, la peur est irrationnelle (crainte viscérale) et provient d'impressions plus ou moins vraies : « J'ai l'impression qu'il ne m'aime pas »...  C'est souvent faux.

2)      La peur engendrant l'inquiétude, l'insécurité, le manque de confiance (en soi et en autrui) sont souvent liés à l'enfance et notamment à un manque d'amour ou de présence du père (la mère est d'un naturel aimant). On vit alors dans un état constant d'inquiétude et d'insécurité... que l'on transmet à nos enfants.

3)      La peur engendrée par l'abandon ou le divorce, se renforce d'un fort sentiment de rejet.

4)      La peur, sentiment irrationnel, est différent et même l'opposé de la crainte de l'Eternel qui rejoint l'adoration et la soumission à Dieu. Cette crainte/adoration peut être l'antidote à la peur.

 

La foi nous guérit-elle de la peur ?

Bien sûr, la révélation du salut et de la vie éternelle en Jésus est un réel changement qui modifie nos façons de penser. Il y a là un vrai pouvoir de guérison. Un nouveau converti vit un bouleversement qui « positive » ses sentiments, rend le croyant confiant en lui-même, mais généralement cela ne dure qu'un temps. Il faut une guérison plus profonde, la vie naturelle et les anciennes peurs revenant au galop. Il est donc nécessaire de revenir à la source et chercher l'origine de l'inquiétude qui nous ronge, le manque de confiance en soi, la peur de manquer ou la peur de l'avenir, etc.


La peur peut entraîner :

-          la désobéissance, par exemple pour la dîme - peur de manquer et manque de foi,

-          l'isolement - perte de confiance en soi et en l'autre, peur d'être blessé(e),

-          l'agressivité - peur de l'autre et manque de confiance en soi,


« Nous avons le sentiment que Dieu nous haïssait », ont dit les Hébreux. Ils n'avaient pas confiance en Dieu et imaginaient des choses folles. Ils avaient peur et cela les poussait à imaginer n'importe quoi.  Moïse les a sermonnés : « Comment pouvez-vous dire cela, alors que vous avez vécu toutes sortes de miracles - la sortie d'Egypte, le passage de la Mer rouge, la manne, les cailles, l'eau du Rocher, etc. Ayons le raisonnement pour nous « raisonner ».


Notre peur nous fera dire n'importe quoi et détruira peu à peu notre foi. Bien sûr, l'Ennemi sait où sont nos faiblesses. Il assiège nos pensées et introduit le poison, comme il a fait avec Eve : « Dieu a-t-il vraiment dit cela ? »... D'où l'importance de nous revêtir du « casque du salut et des armes de la foi ».


Que dit la Parole ?

Prov 12:25 « L'inquiétude dans le coeur de l'homme l'abat, mais une bonne parole le réjouit »

Esaïe 54:14  «Tu seras affermie par la justice ; Bannis l'inquiétude, car tu n'as rien à craindre, et la frayeur, car elle n'approchera pas de toi »

Phil 4 :6  « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ »

 

L'inquiétude est un péché. Ce sentiment résulte en fait de la peur et ravit notre joie. L'inquiétude est un « rongeur » qui mine la foi et la détruit peu à peu. S'inquiéter pour tout, c'est premièrement manquer de confiance en Dieu. C'est croire que Dieu n'est pas assez puissant pour résoudre nos problèmes... et cela entraîne évidemment une culpabilité : « je manque de foi, je suis nul(le) », etc. Déceler ce « rongeur », c'est décider de lui faire la peau, c'est extirper les racines d'une plante vénéneuse ! Souvent, on peut faire face au lion qui veut nous dévorer (grandes paroles et actes de foi courageux), mais on laisse le rat (moins visible) qui ronge la foi et nous pourrit la vie.


Clés et solutions

1 - Prières + supplications + actions de grâce (Phil 4 :6) : Disons tout cela à Dieu, prions et supplions !... Mais déjà commençons par remercier pour tout ce que Dieu nous a donné. La peur est une fixation du « point noir ». Ce point est petit mais plus on le fixe, plus il devient grand. Donc, louons Dieu pour ce qu'Il fait et a fait, et on se rend compte que « notre problème » est petit. Levons les yeux vers le ciel et les choses de la terre disparaîtront. Les enfants sont souvent pour les mamans une source d'inquiétude (légitime !). Acceptons de savoir que c'est Dieu qui nous les a donnés et qu'ils LUI appartiennent. C'est un travail sur soi, mais cela vaut la peine d'essayer. Une fois mariés, ils ne nous appartiennent plus de toute façon, et se faire du souci pour eux n'ajoutera rien, sinon des cheveux blancs et des nuits sans sommeil. Apprenons à « les lâcher » et à les remettre à Dieu. Et réapprenons à vivre pour nous-mêmes !


2 - Examinons dans la Parole le nombre de fois où Dieu dit : « Ne crains pas !, Je suis avec toi !, prends courage !... ». Dieu n'aime pas les gens trop sûrs d'eux, Il aime la dépendance (de Lui). Cela signifie la confiance totale, comme un enfant avec un père aimant. Il nous tient la main en toute occasion. Il est avec nous (Emmanuel) même dans « la vallée de l'ombre de la mort » ou celle des larmes.


3 - Croyons que Dieu nous aime même si nous faisons des erreurs et que nous péchons, pourvu que nous nous repentions. Lisons les mots d'amour dans l'AT que Dieu écrit à Israël, malgré l'idolâtrie, l'incrédulité, la désobéissance qu'il a manifesté tout au long de son histoire...  L'amour de Dieu est INCONDITIONNEL, pour le peuple juif comme pour tout celui qui a mis sa confiance en Dieu, en Jésus.


4 - Croyons que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom 8 :28). Joseph n'a jamais douté de Dieu dans tout ce qu'il a vécu - jeté dans une fosse, vendu, en prison, etc. Il y avait une  raison, un sens. Souvent, on prend la place de Dieu en essayant de « sauver » quelqu'un (exemple, son enfant) alors que le Seigneur veut lui apprendre une leçon. On bloque l'action de Dieu. Posons-nous la question : Dieu n'est-il pas assez bon ?... N'est-il pas assez fort ?...


5 - Proclamons notre foi : Ps 37:5  « Recommande ton sort (mettre le nom de la personne) à l'Eternel, mets en LUI ta confiance, et IL agira » ­- Prov 3:6  « Reconnais-Le dans toutes tes voies, et IL aplanira tes sentiers ». La proclamation de la Parole est importante comme la prière.

 

6 - Recherchons avec l'aide de Dieu un problème relationnel possible avec notre père. Un manque d'amour dans notre enfance (ou le fait simplement de croire qu'on n'a pas été aimé) constitue pour l'adulte une source d'insécurité constante et un état d'inquiétude qui mine la foi, et nous emprisonne. Prions pour une délivrance et crions à notre PERE céleste qui remplace tous les mauvais pères. Lui ne faillit jamais et n'est JAMAIS un père fouettard.


7 - Décidons de bannir l'inquiétude, dont la source est la peur. C'est un asservissement. Or, « C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude » - Gal 5 :1.


Rentrer dans le SHALOM de Dieu et dans Sa joie

Phil 4 :6  « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ ». La paix est un état surnaturel, tout autant que la peur/inquiétude est irrationnelle et vient du Malin. La suite du verset de Philippiens nous dit de fixer nos regards sur Christ et positiver nos pensées : Phil 4:8  « Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l'objet de vos pensées ».


La peur/inquiétude est une forteresse, un raisonnement (ressasser des soucis) qui nous éloigne de la vraie foi et de Dieu ; nous devons abattre ce mur, cette « hauteur » - 2Co 10:5  « Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l'obéissance de Christ ».

 

La paix, la joie et la confiance en soi sont les merveilleux fruits d'une libération de la peur. Nous entrons alors vraiment dans le Royaume et pouvons être actifs pour le service divin - Rom 14:17  « Car le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le St-Esprit ».


A Lui soit la gloire !


Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement
7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 08:38

Hébreux 6 :19 nous dit que nous possédons l'espérance qui est « comme une ancre de l'âme, sûre et solide ». C'est une merveilleuse expression accrochée à une image non moins glorieuse : l'ancre « est fixée au-delà du voile... là où Jésus est entré pour nous, précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur... ».

 

Le voile de séparation

Exode 26:31 - « Tu feras un voile bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors ; il sera artistement travaillé, et l'on y représentera des chérubins... le voile vous servira de séparation entre le lieu saint et le lieu très saint ». Ex 36:35 - « On fit le voile de fil bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors ; on le fit artistement travaillé, et l'on y représenta des chérubins ». Le bleu de ce fil provient d'un coquillage ; il a été redécouvert il y a peu de temps. C'est un bleu azur qui composait la couleur de l'habit du grand-prêtre. Le fait que ce « bleu » ait été reconstitué récemment permet de dire que les vêtements du grand-prêtre peuvent être refaits pour le Temple à venir...


Le bleu-azur nous parle de la gloire céleste de Christ, et le pourpre, de Sa domination universelle, car toutes choses lui seront assujetties - Ps 8 :6. L'écarlate nous parle de Sa royauté sur Israël : « Et moi, J'ai oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte » - Ps 2. On peut voir aussi dans cette couleur, le sang par lequel toute la création a été rachetée. Les chérubins représentés sur le voile sont le symbole de la justice et du jugement caractérisant le Millenium ou règne de Christ - « Il exercera le jugement sur les peuples avec droiture... il jugera le monde avec justice » - Ps 96 :10, 13.


Ex 40 :21 - « Il apporta l'arche dans le tabernacle ; il mit le voile de séparation (porket massakh) et il en couvrit (sakhakh) l'arche du témoignage, comme l'Eternel l'avait ordonné à Moïse ». Le voile servait de rideau mais aussi de protection que l'on disposait sur l'Arche de l'alliance. Le mot sakhakh veut dire  protéger, couvrir, séparer - c'est le sens de la gloire divine. Dieu couvrit le Tabernacle de Sa gloire : « Alors la nuée couvrit (sakhakh) la tente d'assignation, et la gloire de l'Eternel remplit le tabernacle » - Ex 40 :34.


Le « voile de séparation » est donc ce voile qui sépare le lieu-saint du Sanctuaire (Lieu très-saint) où se trouve l'Arche de l'alliance. C'est la séparation entre la terre et le ciel, entre les réalités terrestres et les  réalités célestes. Hébreux 9 :24 nous dit que Christ, en tant que souverain Sacrificateur « est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu ». Il est notre Avocat !


L'ancre de l'espérance fixée au-delà du voile

Cette image de l'ancre jetée au-delà du voile dans le ciel de gloire est une image qui édifie notre foi. C'est une sécurité de savoir que de toute façon, quels que soient les événements ou même les échecs - les doutes peuvent germer dans les épreuves douloureuses - la victoire a été obtenue, notre cause est défendue et notre salut établi. Le Seigneur a franchi le voile de la mort et nous a ouvert le chemin de la vie éternelle. Là est le repos et la paix, une paix qui surpasse toute intelligence. L'auteur de l'épître aux Hébreux a développé en fait dans le chapitre 6 l'idée d'imiter les saints - ceux qui, « par la foi et la persévérance, héritent des promesses ».


Les amis de Daniel, menacés d'être jetés dans la fournaise, n'eurent pas peur d'être brûlés vifs. Ils dirent au roi : « Notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et Il nous délivrera de ta main. Sinon, sache que nous ne servirons pas tes dieux... » (Dan 3 :17). La foi n'est pas en effet liée à des théologies ou des doctrines, elle est reliée à un engagement, une persévérance dans l'œuvre de la foi, notamment lors d'épreuves ou de persécution. Ainsi, pour la Première Eglise ayant particulièrement souffert, l'ancre était le symbole du salut représenté par l'âme ayant rejoint l'éternité (image ci-contre).


La promesse et le serment

Ainsi l'espérance représente l'encouragement offert, quand l'accomplissement des promesses se fait attendre. L'auteur met alors l'accent sur la promesse faite à Abraham, promesse ajoutée d'un serment de D.ieu Lui-même. Genèse 12 nous dit que le monde sera béni en Abraham et en sa postérité représenté par le peuple juif. Pour cette promesse, la condition de prospérité est dans ce principe : « Je bénirai ceux qui te béniront et Je maudirai ceux qui te maudiront » - Gen 12 :3 ; No 24 :9. Nous lisons aussi en Deut 32 :43 : « Nations, chantez les louanges de Son peuple ! ». La nation (ou l'individu) est bénie si ce principe de bénédiction sur SION est respecté. Dans ce cas, l'Eglise est aussi concernée.


Puis, en Genèse 22 :16, lorsqu'Abraham doit sacrifier Isaac, D.ieu intervient en proposant un bélier comme substitut, et Il lui dit : « Je le jure par moi-même, parole de l'Eternel ! parce que tu as fait cela et que tu n'as pas refusé ton unique, Je bénirai et Je multiplierai ta postérité... et ta postérité possèdera la porte de ses ennemis. Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité parce que tu as obéi à ma voix ».

 

Le sceau du sang de l'Agneau

Nous sommes au bénéfice de l'obéissance d'Abraham ! D.ieu confirme par un serment solennel Sa promesse concernant la bénédiction des nations. L'Histoire nous montre que de nombreuses nations ont été au bénéfice de la bénédiction/malédiction du principe de Genèse 12. Deux exemples : L'Espagne et l'empire britannique - ces deux nations ont été réduites à rien après avoir « maudit » le peuple juif. L'Espagne, au travers de l'Inquisition et de la conversion forcée des Juifs au 15e siècle, et le Royaume Uni, en s'opposant à l'aliyah des Juifs rescapés de la Shoah, au 20e siècle. Ces deux pays ont perdu toutes leurs colonies et leur empire, en ne bénissant pas « la postérité d'Abraham ».


Pourquoi Dieu a-t-il juré par serment, ratifié en quelque sorte la promesse de Genèse 12 ?... Parce qu'elle concerne le monde entier et qu'elle s'accomplira glorieusement. C'est un sceau divin sur une bénédiction devant toucher toute l'humanité. Oui bientôt la promesse s'accomplit pour le monde : Israël, postérité d'Abraham sera la bénédiction, « la lumière pour les nations », lorsque le peuple de D.ieu sera totalement acquis, accompli en Lui, en Celui qui vient. En effet, Jésus a dit : « Le salut vient des Juifs ».


Franchir le voile

Comme le souligne l'épître aux Hébreux (6 :1-2), la vérité n'est pas dans les doctrines, les théologies ou les dogmes - c'est ce qui divise l'Ecclesia/l'Eglise universelle. Le Seigneur ne nous demande pas d'être des experts en théologie, mais des disciples obéissants prêts à Le servir jusqu'à offrir ce qu'il y a de plus précieux, comme Abraham l'a fait avec son fils unique, car « L'obéissance vaut mieux que tous les sacrifices » (1 Sam 15 :22). C'est là où Dieu reconnaîtra Ses vrais disciples, ceux qui Lui ont tout donné.


Franchir le voile, c'est donc franchir la dernière étape d'abandon. Jésus a déchiré ce voile lors de sa mort sur la croix - « Et voici, le voile du Temple se déchira en deux... » - Mat.27 :51. Chacun de nous avons à franchir ce voile où se trouve notre espérance, telle une ancre sûre et solide. Ainsi que les amis de Daniel, soyons confiants que le Seigneur nous garde et nous aide...

Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement
21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 08:17

« Non, les vierges sages ne manquaient pas de générosité, et non, elles n’étaient pas inconscientes concernant l’attente de l’époux » - Cette parabole des dix vierges nous est présentée par le Seigneur dans le chapitre 25 de Matthieu et elle parle des derniers temps. Or, nous sommes dans les derniers temps et donc attentifs à ce qu’elle signifie.

 

Que peut-on dire de l’attitude des cinq vierges que Jésus appelle « sages » au sens d’avisées, prévoyantes, intelligentes ? Sur les dix vierges qui attendent la venue de l’époux (est-ce une proportion ?... si oui, cela représente 50 % des croyants !), cinq sont dites folles ou insensées et les cinq autres sages. Dans cette histoire, il est question d’huile…

 

Retour au Tabernacle

Pour comprendre cette parabole, nous devons retourner dans l’AT, quand Moïse reçut sur le Sinaï les révélations pour construire le Tabernacle – Michkhan en hébreu. Une grande partie de l’Exode contient la description des éléments du Tabernacle, et c’est une merveilleuse source d’inspiration. En effet chaque détail – matériaux, métaux, tentures, couleurs, etc – a son importance symbolique et spirituelle. Rien n’est fait au hasard et il y a deux passages décrivant les divers éléments du Tabernacle : Exode 25-31 et 36-40, et nous voyons l’apothéose en Ex 40 :34 lorsque tout est mis en place et que D.ieu remplit ce lieu saint.

 

« Alors la nuée couvrit la tente d’assignation, et la gloire de l’Eternel remplit le Tabernacle. Moïse ne pouvait pas entrer dans la tente d’assignation, parce que la nuée restait dessus, et

que la gloire de l’Eternel remplissait le tabernacle »

 

L’huile du Saint-Esprit

En Exode 27 :20-21 et en Lévitique 24 :1-4, D.ieu donne un ordre aux enfants d’Israël :

« Tu ordonneras aux enfants d’Israël de t’apporter pour le chandelier de l’huile pure d’olives concassées, afin d’entretenir les lampes continuellement … (Lév 24) que les lampes brûlent du soir au matin en présence de l’Eternel »

 

D.ieu voulait que les flammes de la Menorah, le chandelier placé dans le Lieu saint, soient constamment alimentées, elles devaient éclairer continuellement le Tabernacle.

 

Voilà une indication intéressante si l’on se réfère à notre vie chrétienne ! Nous ne devons pas manquer d’huile – les vierges ne devaient pas manquer d’huile… Car nous savons que l’huile dans la Bible est le symbole de l’Esprit saint. Ajoutons que cette huile qui alimentait la Ménorah est spéciale : c’était une huile pure d’olives concassées – ce qui signifie battu, pilé – de l’huile pure d’olives pilées au mortier. Spirituellement, nous réalisons que cette huile de qualité nous parle de la mort de Christ qui a été comme broyé, pilé au mortier sur la croix. Jésus passa ses derniers moments de prière avec ses disciples à Gethsémani qui signifie lieu du pressoir.  Nous savons que Jésus souffrit l’épreuve terrible de l’acceptation de la mort – des gouttes de sang suintèrent de ses mains. Pour obtenir une huile très pure, le système du mortier qui broie et écrase les olives entre deux meules en pierre est le plus ancien et le meilleur système de fabrication d’huile pure. De même, sachant combien l’huile est associée au Saint-Esprit, nous comprenons que l’œuvre de la croix qui nous met au bénéfice du Saint-Esprit en nous est d’une grande valeur. Le prix a été payé grandement !

 

Deux sources de lumière

A présent, parlons des deux sources de lumière dans le Michkhan. Il y a la Ménorah dans le Lieu-saint mais il y a aussi la Schekhinah, qui est la manifestation physique de la gloire divine dans le Lieu-très-saint. Christ, la lumière du monde, est « la lampe » qui, alimentée par l’huile du Saint-Esprit, brille continuellement. Concernant les croyants, ils doivent de même être des lumières brillantes en permanence, la source étant infinie. Le Tabernacle parle ainsi des croyants-adorateurs et sacrificateurs, et ceux-ci recevant en héritage les deux sources de lumière distinctes :

1. Christ, la lumière de la vie par l’Esprit. Il illumine pour nous les choses saintes de Dieu, préfigurées par la table des pains de proposition et l’autel des parfums situés dans le Lieu saint. Ainsi sommes-nous ouverts en profondeur à la Parole de Dieu et à la prière, dans notre relation avec le Père. Par la lumière de la Ménorah, une lumière « naturelle », nous entrons dans la présence de D.ieu.


2. La Schekhinah, ou la manifestation spirituelle de la gloire divine : « Dieu, qui a dit : ‘’La lumière brillera du sein des ténèbres !’’ a fait briller la lumière dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ » - 2 Cor 4 :6. La Schekhinah est une autre lumière même si la source est la même. Nous avons dû franchir le voile du Lieu-très-saint pour  en bénéficier. C’est la lumière « extra-naturelle » représentant la gloire divine resplendissant sur le visage du Seigneur. C’était celle de Moïse lorsqu’il descendit du Sinaï : personne ne pouvait regarder son visage qui irradiait - 2Cor 3 :13.

 

C’est sous ce double aspect de l’Esprit que comme croyants-sacrificateurs, nous avons été « appelés à Son admirable lumière » (1Pi 2 :9). Non seulement, nous devons marcher dans la lumière qu’Il nous dispense, mais aussi dans celle où Il vit (1Jn 1 :7).

 

Ainsi devons-nous « apporter de l’huile pure » - en prenant conscience que seul l’Esprit nous met en présence de D.ieu – Il nous régénère et nous transforme : « Nous tous dont le visage découvert reflète la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur » - 2Cor 3 :17. Cette distinction des deux sources de lumière (de même origine divine) révèle en fait deux étapes dans la vie chrétienne.

 

Deux étapes par l’Esprit

Suivons l’ordre du parcours dans le Tabernacle. C’est le sacrifice à l’autel d’airain (la croix) qui, par le sang versé (l’Agneau a ôté le péché du monde et justifie le pécheur) nous pardonne de tout péché et nous purifie de toute iniquité. Dans le Lieu saint, nous sommes alors illuminés par la lumière de la Ménorah, qui est le Saint-Esprit « en nous ». Mais le Lieu très saint est le lieu où nous sommes remplis de la gloire divine – c’est ce qui est appelé le baptême du Saint-Esprit (immersion). C’est le message de Exode 40 :34 qui ressort lorsque le Tabernacle terminé fut rempli de la gloire de l’Eternel !

 

Il est important de comprendre que le « baptême du Saint-Esprit » est la manifestation de la gloire divine en nous, appelée la Schekhinah.

 

« J’entendis le bruit de leurs ailes, quand ils marchaient, pareil au bruit de grosses eaux, ou à la voix du Tout-Puissant ; c’était un bruit tumultueux, comme celui d’une armée ; quand ils s’arrêtaient, ils laissaient tomber leurs ailes… » - Ez 1 :24.

 

Il y a de l’extravagance dans la gloire de D.ieu, il y a du bruit ! D.ieu se plaît à agir dans des choses qui nous dépassent, qui perturbent nos raisonnements. Car, Il est au-delà de notre intelligence, Il est infini. Le miracle est au-delà du normal, comme le parler en langue est au-delà du raisonnable. De même, pour marcher avec le Seigneur, nous aurons besoin de cette « sur-dose » d’Esprit qui nous fait apprécier les expériences les plus belles et endurer les épreuves les plus dures. Nous avons besoin en outre d’être remplis de l’Esprit, équipés d’armes spirituelles capables de percer le monde spirituel et ses forteresses. Actes 1 :8 dit : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous et vous serez mes témoins… ». La lumière du Saint-Esprit, de la Schekhinah, donne la puissance (dynamis). Elle permet non seulement les miracles, mais nous donne la capacité d’offrir nos vies en sacrifice…

 

Les chrétiens du premier siècle possédaient cette puissance du feu de l’Esprit ; elle été perdue par la suite … parce que l’huile de l’Esprit a été pollué. L’Eglise dès le 4e siècle s’est figée, institutionnalisée et a échoué dans sa mission. De martyre, elle est devenue tyrannique. Elle devait révéler au monde l’amour de Jésus, elle s’est arrogé le droit de juger le monde et de l’asservir. L’huile de la Ménorah brillait encore mais la Schekhinah était partie. Pourtant tout au long des siècles, une partie des chrétiens a gardé humblement dans le secret de son cœur la vérité de D.ieu, tandis que l’Eglise visible et arrogante se croit riche.

 

Les dix vierges

Revenons à notre point de départ : la parabole des 10 vierges. Elles sont dans l’attente de l’époux – c’est le Messie qui vient. Notons qu’elles ne sont pas l’Epouse, mais cela soulève un autre point qui demande un autre développement. Elles sont simples demoiselles d’honneur, servantes. C’est l’esprit de serviteur qui doit caractériser le chrétien. Elles ont toutes de l’huile, car Dieu ne revient pas sur ses dons, mais cinq en ont davantage.

 

En fait, les cinq vierges sages ne pouvaient donner de leur huile !! On ne transmet pas un caractère : il s’est forgé durant la vie chrétienne, dans le secret de la prière et au creuset de l’épreuve. L’huile de la Ménorah est gratuite, naturelle. Un chrétien né de nouveau est illuminé de l’Esprit, il rentre dans la présence de Dieu. Mais selon l’image du Tabernacle, il doit franchir le voile pour bénéficier de la lumière de la Schekhinah. Pour cette lumière, il y a un « prix à payer ». Je ne dis surtout pas que ce sont les « Charismatiques » qui ont seuls la vérité, car beaucoup de ceux-là, hélas, préfèrent l’expérience au sacrifice, au don de soi.

 

La Schekhinah, c’est la lumière se manifestant entre les chérubins sur le Kapporeth (couvercle) de l’Arche de l’alliance. C’est là où le sang de l’expiation (kapara) était déposé. C’est là où le pardon était offert en faveur d’Israël. C’est l’aspect du sacrifice parfait. L’on comprend alors pourquoi les vierges ne pouvaient donner de leur huile. Cette huile est fabriquée(1) au fur et à mesure de notre marche chrétienne. Elle sort surnaturellement de notre vie de foi. Même généreuses, les cinq vierges ne pouvaient donner cet acquis de la prière et de l’intercession, le fruit d’une vie livrée.

 

De même, ces vierges ne dormaient pas au sens spirituel du terme. Lorsque nous vivons dans l’amour de la vérité et dans une foi vivante, on peut dormir sans crainte du lendemain, comme un bébé. Ces cinq vierges avisées connaissaient l’Avènement du Seigneur : elles l’attendaient paisiblement, différemment des autres qui n’avaient pas discerné le temps de D.ieu, et se sont laissées surprendre.

Faisons donc provision de cette huile qui ne se partage pas, ne la laissons pas se polluer,

et attendons activement la venue du l’Epoux

 


(1)Une image prosaïque de l’alternateur dans une voiture peut nous aider à comprendre : c’est la batterie qui donne le courant pour l’électricité nécessaire au fonctionnement de la voiture ; mais c’est l’alternateur qui au cours de la marche, fabrique au fur et à mesure le courant pour que la batterie ne s’use pas.



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