Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Accueil

  • : Sur les murailles de Jérusalem, j'ai posté des gardes...
  • : Messages d'enseignement et d'édification du pasteur G.F. sur la relation entre Israël et l'Eglise.
  • Contact

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouveau message, inscrivez-vous dans la partie « Newsletter », et vous recevrez ainsi une notification, immédiatement après la mise en ligne d’un nouvel article.

Rechercher

Sonnez la Trompette

Cliquer ICI pour lire le journal

 

- Novembre / Décembre 2016 -

16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 09:26

Chers amis, savons-nous que les plus beaux mots d’amour paternel sont écrits dans la Première Alliance et qu’ils sont destinés… à Israël ? Regardons précisément les chapitres 40 du livre d’Esaïe. Nous voyons qu’ils sont écrits pour Israël à un moment où le peuple hébreu n’est pas « aimable ».  En effet, historiquement, à la mort du roi Ozias, la captivité avait déjà frappé le royaume du Nord depuis un certain temps, et la persistance du péché en Juda rendait inévitable sa déportation future.

 

Nous verrons au cours de cette étude pourquoi D.ieu tient-Il tellement à manifester Son amour pour un peuple qui ne le lui rend guère, et nous verrons combien ce texte est si actuel. Ainsi préalablement devons-nous dire ceci : quel que soit notre état (et nos erreurs), D.ieu nous aime d’un amour incommensurable, un amour qui dépasse toute compréhension ! Cela doit nous enlever toute culpabilité… et nous fait réaliser la profondeur de l’amour de D.ieu à notre égard, que nous soyons Juifs ou chrétiens.

 


Israël est l’objet de Son amour

Pourtant, en disant cela, nous ne devons pas nous méprendre, c’est bien ici Israël l’objet de l’amour de l’Eternel. Qu’il n’y ait pas de confusion, D.ieu n’a jamais remplacé Israël par l’Eglise sous prétexte que le peuple juif est tombé « dans l’endurcissement du péché ». Cette théologie est à bannir de nos pensées, c’est une abomination, une doctrine perverse inventée par des prêtres et des chrétiens de nom, jaloux de l’amour de D.ieu pour « Son fils premier-né », jaloux de l’élection d’Israël.

 

Un juif restera toujours un Juif (comme une femme reste une femme), mais l’amour divin dans la nouvelle Alliance englobe toute race et toute couleur, effaçant toute distinction –  comme des enfants dans une famille sont aimés de la même façon par une mère et un père aimants, respectant l’individualité de chacun. Israël reste distincte des nations, comme l’Eglise est séparée du monde.

 

Lisons quelques passages de ces chapitres 40-49 d’Esaïe :

« Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que J’ai choisi, Race (semence) d’Abraham que J’ai aimé !

9  Toi, que J’ai pris aux extrémités de la terre, et que J’ai appelé d’une contrée lointaine, à qui J’ai dit : Tu es mon serviteur, Je te choisis, et ne te rejette point !

10  Ne crains rien, car Je suis avec toi ; Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; Je te fortifie, Je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante » - Esaïe 41 :8-10

 

« Ainsi parle maintenant l’Eternel, qui t’a créé, ô Jacob ! Celui qui t’a formé, ô Israël ! Ne crains rien, car Je te rachète, Je t’appelle par ton nom : tu es à moi !

2  Si tu traverses les eaux, Je serai avec toi ; Et les fleuves, ils ne te submergeront point ; Si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t’embrasera pas…

4  Parce que tu as du prix à mes yeux, parce que tu es honoré et que Je t’aime, Je donne des hommes à ta place, et des peuples pour ta vie.

5  Ne crains rien, car Je suis avec toi … » - Esaïe 43 :1 :5

 

« Ecoute maintenant, ô Jacob, mon serviteur ! O Israël, que J’ai choisi !

2  Ainsi parle l’Eternel, qui t’a fait, et qui t’a formé dès ta naissance, Celui qui est ton soutien : Ne crains rien, mon serviteur Jacob, Mon Israël (Yeshouroun = celui qui est droit, intègre), que J’ai choisi.

3  Car Je répandrai des eaux sur le sol altéré, et des ruisseaux sur la terre desséchée ; Je répandrai mon Esprit sur ta race, et ma bénédiction sur tes rejetons » - Esaïe 44 :1-3

 

« Par l’Eternel seront justifiés et glorifiés tous les descendants d’Israël.» - Esaïe 45 :25. C’est de là que l’Apôtre Paul conclura en Rom 11 :26, s’exclamant : « Tout Israël sera sauvé ! ».

« Ecoutez-moi, maison de Jacob, et vous tous, restes de la maison d’Israël, vous que J’ai pris à ma charge dès votre origine, que J’ai portés dès votre naissance ! Jusqu’à votre vieillesse Je serai le même, jusqu’à votre vieillesse Je vous soutiendrai ; Je l’ai fait, et Je veux encore vous porter, vous soutenir et vous sauver » - Esaïe 46 :3-4


Lisons ce dernier passage qui nous montre que l’amour de D.ieu dépasse notre raisonnement et va au-delà de nos conceptions et de notre infidélité :

 

« Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l’oublierait, Moi Je ne t’oublierai point. Voici, Je t’ai gravée sur mes mains ; Tes murs sont toujours devant mes yeux.»

Esaïe 49 :15-16


L’amour de D.ieu est inconditionnel

Frères et sœurs, faisons ce 1er constat : l’amour de D.ieu pour Israël est comme celui d’un père envers son fils. Cet amour est inconditionnel ! Quoi que fasse ce fils, s’il se détourne et persiste dans le péché, et même s’il a besoin d’être corrigé… rien ne pourra venir à bout de l’amour du Père.

 

Sachons 2) qu’il en est de même pour nous, goyim. Nous connaissons ce passage qui nous concerne :

« Qui nous séparera de l’amour de Christ ?... J’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » - Rom 8 :35-39

 

Et 3), comprenons que nous avons un devoir absolu, celui d’aimer Israël du même amour que le Père, en l’aimant d’une manière inconditionnelle ! Israël aujourd’hui est redevenue une nation à part entière, selon la volonté toute-puissante de l’Eternel, depuis 1948. Israël n’a pas cessé d’être « la prunelle de l’œil de D.ieu » (Deut 32 :10 ; Zach 2 :8), et les plans de D.ieu sont parfaits. Nous devons réaliser que D.ieu conduit Son peuple bien-aimé afin qu’il rentre dans l’accomplissement de sa destinée : être « la lumière du monde », et conduire l’humanité à glorifier D.ieu d’une même bouche ! Quelle bénédiction en perspective !...

 

Israël, serviteur de l’Eternel

D.ieu va se glorifier en Israël. Il va restaurer Son peuple et lui redonner la première place au sein des nations. D.ieu va rétablir la royauté davidique et établir Son règne au travers d’Israël pour le bénéfice de toute l’humanité. Réalisons qu’Israël est le projet de D.ieu pour la fin des temps – Il est Sa gloire.

 

Esaïe 46 :13 - « Je fais approcher ma justice : elle n’est pas loin ; et mon salut : il ne tardera pas. Je mettrai le salut en Sion, et ma gloire sur Israël »

Esaïe 43 :7 - « Tous ceux qui s’appellent de mon nom, et que J’ai créés pour ma gloire, que J’ai formés et que J’ai faits ». D.ieu va faire d’Israël Sa gloire, et toutes les nations la verront et seront confondues…

 

Nous devons voir qu’Israël, comme le dit Paul, est un mystère. Dans tous ces passages d’Esaïe où D.ieu parle d’Israël comme « Son serviteur », il est question aussi du Messie – le Serviteur par excellence, Celui que nous verrons mourir « comme un agneau » au chapitre 53. Pourtant,  le Messie (l’Oint – le Mashia’h en hébreu) cité dans ces passages d’Esaïe est précisément le roi Cyrus – Cyrus est mentionné 5 fois dans les chapitres 40-49 d’Esaïe. Cyrus est ainsi annoncé un siècle avant sa venue sur la terre (!) pour reconstruire le Temple lors de la captivité d’Israël. Prophétiquement, le roi Cyrus nous parle du Messie, le Fils de David, qui viendra également « relever de sa chute la maison de David » - Amos 9 :11.

 

Ainsi, les paroles d’Esaïe ont une double portée prophétique, celle d’abord de s’adresser à la fois aux Juifs de l’époque en les assurant de l’amour de D.ieu durant leur futur exil à Babylone, et notre temps actuel qui voit le rassemblement des Juifs du monde entier sur leur terre, en vue du Projet grandiose : l’Avènement du Messie d’Israël sur la Terre et « le rétablissement de toutes choses » (Actes 3 :21).

 

12 fois, Israël est mentionné comme le Serviteur de D.ieu, et quelquefois, il est difficile de savoir de qui la Bible parle, d’Israël ou du Messie. 

 

Esa 41:8  Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, Race d’Abraham que j’ai aimé !

Esa 41:9  Toi, que j’ai pris aux extrémités de la terre, Et que j’ai appelé d’une contrée lointaine, A qui j’ai dit : Tu es mon serviteur, Je te choisis, et ne te rejette point !

Esa 42:1  Voici mon serviteur, que je soutiendrai, Mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J’ai mis mon Esprit sur lui ; Il annoncera la justice aux nations.

Esa 42:19  Qui est aveugle, sinon mon serviteur, Et sourd comme un messager que j’envoie ? Qui est aveugle, comme l’ami de Dieu, Aveugle comme le serviteur de l’Eternel ?

Esa 43:10  Vous êtes mes témoins, dit l’Eternel, Vous, (et) mon serviteur que j’ai choisi, Afin que vous le sachiez, Que vous me croyiez et compreniez que c’est moi : Avant moi il n’a point été formé de Dieu, Et après moi il n’y en aura point.

Esa 44:1  Ecoute maintenant, ô Jacob, mon serviteur ! O Israël, que j’ai choisi !

Esa 44:2  Ainsi parle l’Eternel, qui t’a fait, Et qui t’a formé dès ta naissance, Celui qui est ton soutien : Ne crains rien, mon serviteur Jacob, Mon Israël, que j’ai choisi.

Esa 44:21  Souviens-toi de ces choses, ô Jacob ! O Israël ! car tu es mon serviteur ; Je t’ai formé, tu es mon serviteur ; Israël, je ne t’oublierai pas.

Esa 45:4  Pour l’amour de mon serviteur Jacob, Et d’Israël, mon élu, Je t’ai appelé par ton nom, Je t’ai parlé avec bienveillance, avant que tu me connaisses.

Esa 49:3  Et il m’a dit : Tu es mon serviteur, Israël en qui je me glorifierai.

Esa 49:6  Il dit : C’est peu que tu sois mon serviteur Pour relever les tribus de Jacob Et pour ramener les restes d’Israël, Je t’établis pour être la lumière des nations, Pour porter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre.

 

C’est ainsi qu’en Esaïe 49, nous avons ce magnifique texte pour lequel D.ieu prend les nations à parti :

 

« Iles (Nations), écoutez-moi ! Peuples lointains, soyez attentifs ! L’Eternel m’a appelé dès ma naissance, Il m’a nommé dès ma sortie des entrailles maternelles.

2  Il a rendu ma bouche semblable à un glaive tranchant, Il m’a couvert de l’ombre de sa main ; Il a fait de moi une flèche aiguë, Il m’a caché dans son carquois.

3  Et iI m’a dit : Tu es mon serviteur, Israël en qui je me glorifierai » - Esaïe 49 1-3

 

Voilà la suite : 6 « C’est peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et pour ramener les restes d’Israël, Je t’établis pour être la lumière des nations, pour porter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre. (Manifestement, il s’agit du Messie, mais le flou demeure, tant la notion messianique est liée à Israël !)

7  Ainsi parle l’Eternel, le rédempteur, le Saint d’Israël, à celui qu’on méprise, qui est en horreur au peuple, à l’esclave des puissants : des rois le verront, et ils se lèveront, des princes, et ils se prosterneront,  cause de l’Eternel, qui est fidèle, du Saint d’Israël, qui t’a choisi (Quand les rois te verront, ils se lèveront de leur trône. Quand les princes t’apercevront, ils s’inclineront devant toi. Ils montreront ainsi leur respect pour le Seigneur, qui t’a choisi, pour l’unique vrai Dieu, le Dieu d’Israël, qui tient parole - FC[1]). Israël est l’instrument de D.ieu pour toucher l’Humanité entière !

8  Ainsi parle l’Eternel : Au temps de la grâce je t’exaucerai (Je t’ai répondu), et au jour du salut Je te secourrai ; Je te garderai, et Je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple (Je t’ai formé pour faire de toi le garant de mon engagement envers l’humanité - FC).

 

Notre part et notre engagement

Il est crucial pour l’Eglise aujourd’hui de savoir quelle place est la sienne, dans les derniers temps que nous vivons. Elle est au côté d’Israël ! C’est un soutien inconditionnel dont a besoin le « témoin et serviteur de l’Eternel » - le peuple juif, Israël.

 

Le tout début du chapitre 40 résume ce projet, finalité de toute la création, en 5 versets :

1 « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu.

2  Parlez au cœur de Jérusalem, et criez lui que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée, qu’elle a reçu de la main de l’Eternel, au double de tous ses péchés.

3  Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l’Eternel, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu.

4  Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et toute colline soient abaissées ! Que les coteaux se changent en plaines, et les défilés étroits en vallons !

5  Alors la gloire de l’Eternel sera révélée, et au même instant toute chair la verra – la bouche de l’Eternel a parlé » - Esaïe 40 :1-5.

-  Consolez mon peuple, dit notre D.ieu,

-  Parlez à Israël/Jérusalem (« retrouvez sa confiance » - FC) pour lui dire qu’elle est rachetée,

-  Préparez le chemin du Messie, ôtez toutes pierres : antisémitisme, fausses doctrines, jalousie…

 

Alors… la gloire de D.ieu se manifestera dans toute Sa splendeur. Le rétablissement d’Israël avec l’Avènement du Messie sera la clé de l’apparition de la Shekhinah – la divine Présence glorieuse sur toute la terre. N’est-ce pas un beau programme ? Et l’Eglise n’aurait-elle pas un rôle à jouer ?...

 

Bien sûr que si, l’Eglise a été créée pour ce moment ultime : être un soutien au projet final de D.ieu. Cela passe par un amour inconditionnel de son fils premier-né, Israël, et une acceptation complète que D.ieu va utiliser ce peuple/nation pour Sa gloire.

 

 « Voici, je fais de toi (Israël) un traîneau aigu, tout neuf, garni de pointes ; Tu écraseras, tu broieras les montagnes, et tu rendras les collines semblables à de la balle. Tu les vanneras, et le vent les emportera, et un tourbillon les dispersera. Mais toi, tu te réjouiras en l’Eternel, tu mettras ta gloire dans le Saint d’Israël » - Esaïe 41 :15-16

Israël deviendra l’instrument de D.ieu dans Sa vengeance et Sa justice  sur la terre, durant le règne de paix qui vient. Ils seront aussi les porteurs de la Bonne nouvelle de D.ieu : « Ainsi dit l’Eternel : En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront, oui saisiront le pan de la robe d’un homme juif, disant : nous irons avec vous, car nous avons ouï dire que Dieu est avec vous.» (Zach 8 :23). Toutes choses seront renouvelées et la connaissance de l’Eternel se répandra sur toute la terre.


Nous connaissons l’amour de D.ieu à notre égard, en Jésus – Il est sans limite, amen ! – et en tant que frères et sœurs du Seigneur, nous ne pouvons que dire comme Myriam : « Qu’il en soit fait selon ta parole ! » (Luc 1 :38). La Bible dit simplement que « nous régnerons avec Christ », car D.ieu aujourd’hui veut revêtir Son Epouse (ses disciples) de « fin lin, éclatant et pur » (Apo 19 :7-8)…

 

Un amour compassionnel, sacrificiel

Nous connaissons notre « Papa » (Abba, en hébreu) car le Seigneur a placé en nous « Son Esprit ». C’est cet amour compassionnel du Père dont l’Eglise a besoin aujourd’hui, et cette révélation passe par une reconnaissance de ses racines hébraïques. Si l’Eglise tourne le dos à Israël, elle est vouée à disparaître. Au contraire, en tant que disciples et frères de Jésus, nous devons connaître cet amour compassionnel et sacrificiel venant des entrailles qui a permis à Ruth la Moabite de dire à Naomi « l’Israélienne » :

 

« Où tu iras, j’irai, où tu demeureras, je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; où tu mourras, je mourrai » - Ruth 1 :16

 

Chers amis, à nous de faire cette démarche d’amour envers Israël. Participons aux projets divins, et préparons le chemin de l’Eternel !

[1] FC : version Français Courant

Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Etude d'un texte
3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 14:09
... et faire de deux un seul

juifs.jpg

« Car l’Eternel aura pitié de Jacob, Il choisira encore Israël, et il les rétablira dans leur pays ; Les étrangers se joindront à eux, et ils s’uniront à la maison de Jacob. Les peuples les prendront (Israël), et les ramèneront à leur demeure.
La maison d’Israël les possédera (les étrangers) dans le pays de l’Eternel, comme serviteurs et comme servantes… »
Esaïe 14 : 1-2

 
Ce verset d’Esaïe a été un verset-clé pour notre départ en Israël en août 2005. Dans le contexte qui parle de jugements (Esaïe 13 à 27) contre Babylone et autres tyrans, il y a ces belles paroles d’Esaïe 14 :1-2 qui sont pour le peuple juif, le rappel de promesses éternelles – le dernier verset du chapitre résume la pensée divine : « l’Eternel a fondé Sion et les malheureux de mon peuple y trouvent refuge ». Il y a une terre pour Son peuple ; il sera ramené à SION, la terre d’Israël. Avec les enfants d’Israël, il existe aussi une place pour des non-Juifs, des étrangers, des Gentils.

 
Les étrangers peuvent se joindre au peuple juif. Depuis le départ d’Egypte, nous voyons que cette place est offerte aux côtés du peuple juif. Ces étrangers sont pour la plupart des serviteurs et des servantes, des aides pour le peuple, et au bout du compte, ils font partie du peuple. Déjà, D.ieu avait dit à Abraham qu’ils seraient lui et sa postérité, eux-mêmes des étrangers : « Je te donnerai, et à tes descendants après toi, le pays que tu habites comme étranger, tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle, et Je serai leur Dieu » - Gen.17:8. Et la promesse s’accompagne d’une condition, celle d’aimer l’étranger : « Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous ; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte. Je suis l’Eternel, votre Dieu » - Lév.19:34.

 
Que nous disent les paroles d’Esaïe 14 ?  Ces deux versets sont comme une description de ce qu’Israël vit depuis sa création en tant qu’Etat en 1948, à savoir le retour des Juifs des extrémités de la terre, aidé par les nations : « les peuples les prendront et les feront venir en leur demeure ». (Il n’est hélas pas révélé que beaucoup d’autres s’y opposeront…). Il est donc dit que l’Eternel aura compassion de Jacob, Il choisira encore Israël, et les établira en repos sur leur terre ; que l’étranger se joindra à eux et sera ajouté à la maison de Jacob. Ces deux « peuples » vivront ensemble et seront une bénédiction l’un pour l’autre.

 

VERSET 1

« Les étrangers se joindront à eux… »

         - ger rg = un résidant, un étranger - habitant temporaire, nouveau venu n’héritant pas des droits

         - lavah  hwl = s’attacher, se joindre, être attaché, accompagner

Gen.29:34  « Elle devint encore enceinte, et enfanta un fils et elle dit : Pour cette fois, mon mari s’attachera à moi ; car je lui ai enfanté trois fils. C’est pourquoi on lui donna le nom de Lévi »

Es.56:6  « Et les étrangers qui s’attacheront à l’Eternel pour le servir, pour aimer le nom de l’Eternel, pour être ses serviteurs, tous ceux qui garderont le sabbat, pour ne point le profaner, et qui persévéreront dans mon alliance »

Jér.50:4-5  « En ces jours, en ce temps-là, dit l’Eternel, les enfants d’Israël et les enfants de Juda reviendront ensemble ; Ils marcheront en pleurant, et ils chercheront l’Eternel, leur Dieu. Ils s’informeront du chemin de Sion, ils tourneront vers elle leurs regards : Venez, attachez-vous à l’Eternel, par une alliance éternelle qui ne soit jamais oubliée ! »

Zach.2:11  « Beaucoup de nations s’attacheront à l’Eternel en ce jour-là, et deviendront mon peuple ; J’habiterai au milieu de toi, et tu sauras que l’Eternel des armées m’a envoyé vers toi »

 
« … et ils s’uniront à la maison de Jacob »

         - saphach xpo  (ou  xpv - #Isa 3:17) = attacher, détacher, rendre chauve (mettre à nu), s’unir

1Sam.2:36  « Je m’établirai un sacrificateur fidèle, qui agira selon mon coeur et selon mon âme ; Je lui bâtirai une maison stable, et il marchera toujours devant mon oint. Et quiconque restera de ta maison viendra se prosterner devant Lui pour avoir une pièce d’argent et un morceau de pain, et dira : Attache-moi, je te prie, à l’une des fonctions du sacerdoce, afin que j’aie un morceau de pain à manger » (Je t’en prie, accorde-moi une occupation aux côtés des sacrificateurs, pour pouvoir manger) -

Esa.3:17  « Le Seigneur rendra chauve le sommet de la tête des filles de Sion, Il découvrira leur nudité »

 
Commentaire : Le mot ger nous définit bien ! Emigré, étranger non-juif, habitant temporaire, sans droits, mais qui habite sur la terre d’Israël, qui séjourne. Un non-juif n’a rien à exiger d’Israël, il n’a pas de droit.

Lava indique l’attachement au peuple juif – comme un mari à sa femme, comme on doit s’attacher à D.ieu pour Le servir, comme Israël va s’attacher à son D.ieu par une alliance éternelle, comme les nations s’attacheront à Israël à la fin des temps.

 
Sapha’h renforce le premier verbe. Cela nous rappelle Ruth qui s’est attachée à Naomi, cramponnée à elle : « Que l’Eternel me traite dans toute sa rigueur si autre chose que la mort vient à me séparer de toi ! » (1 :17). Ruth avait de la nourriture à volonté, ayant la faveur du maître et futur mari Boaz. Les qualités qui étaient celles de Ruth sont l’humilité, la détermination et le courage. Il faut cela pour vivre en Israël.

 
Esaïe 3 :17 nous apporte l’idée du dépouillement. Venir en Israël exigera une mise à nu ! Généralement, l’on vient en Israël avec un arrière-plan culturel de mélange grec et païen. Le sentiment de supériorité spirituel n’est jamais très loin, même si l’on aime Israël. Souvent cet amour est sentimental, superficiel. Au contact des difficultés de la vie en Israël et du côté « hérisson » des Israéliens – c’est le propre du sabra[1] - le chrétien perd vite sa sérénité.

 
C’est à ce moment-là que nous devons prendre conscience de nos limites et de nos faiblesses, comprendre que doivent tomber tous les a-prioris et fausses théologies, celle du remplacement par exemple, ainsi que la moindre racine d’antisémitisme. Nous devons faire amende honorable, confesser notre orgueil et supplier D.ieu pour un supplément de grâce, réalisant que notre amour est surfait. Une plante, lorsqu’elle a besoin d’eau dans une terre aride – c’est le cas d’Israël – va chercher en profondeur l’eau dont elle a besoin. C’est ce que nous avons à faire pour aller de l’avant et garder la patience, l’amour et la compassion devant équiper ceux qui veulent marcher par l’Esprit, le Consolateur.

 Ruth1.jpg

VERSET 2
« … la maison d’Israël les possédera dans le pays de l’Eternel »

         - nachal lxn = prendre possession, posséder, hériter, jouir

« … comme serviteurs et comme servantes »

         - ‘ebed dbe = serviteur, serviteur, homme qui sert, adorateur

         - shiph’ha hxpv = servante, servante humble

Ruth 2:13  « Elle dit : Oh ! que je trouve grâce à tes yeux, mon seigneur ! Car tu m’as consolée, et tu as parlé au coeur de ta servante »

 
Commentaire : Le terme na’hal parle d’héritage. Israël accueille les étrangers, des chrétiens, comme un héritage. Ceux et celles qui viennent s’installer en Israël, acceptant les lois et la foi d’Israël, deviennent l’héritage d’Israël ! Ils participent à l’alliance et aux promesses.

 
Ceux-ci sont des « serviteurs et des servantes ». Le mot ebed désigne celui qui sert et qui prie. C’est la double fonction du chrétien : serviteur et adorateur. C’est dans cet esprit que le chrétien doit venir en Israël. Il est intéressant de voir que le mot servante - chif’ha
hxpv se recoupe avec le mot sapha’h xpv (voir plus haut : s’attacher). De là vient le mot michpa’ha hxpvm – famille, en hébreu, la lettre chin et sin étant la même. Ainsi, devient-on de la même famille avec le peuple juif, lorsque celui-ci comprend qu’il y a en nous aucun intérêt caché dans notre venue en Israël. Ils nous considèrent alors de la même famille. Alléluia ! N’est-ce que ce que D.ieu veut faire ? Faire des deux, un seul - Eph.2 :15… Réalisons-le dans l’amour, D.ieu mettra Son sceau, lors de la venue du Mashia’h, en répandant Son Esprit.

« Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Voici, Je prendrai le bois de Joseph qui est dans la main d’Ephraïm, et les tribus d’Israël qui lui sont associées ; Je les joindrai au bois de Juda, et J’en formerai un seul bois, en sorte qu’ils ne soient qu’un dans ma main » - Ezéchiel 37 :19

 

La maison de Joseph
josephjacob.jpgProphétiquement, Ephraïm et la maison de Joseph sont les chrétiens qui aiment Israël – ils sont liés à Israël. L’épouse de Joseph, Asnath, était non-juive. Or, Joseph est le type du Messie. C’est lui qui a autorité sur la maison de Pharaon, ayant tous les pouvoirs. Il n’est pas Pharaon mais il possède son autorité, ainsi que le Messie qui dirige toute chose est soumis à son D.ieu (Ps.2 : « C’est moi, dit le Seigneur, qui ai oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte » - Ps.45 : « D.ieu, ton D.ieu, t’a oint d’une huile de joie ».

 
L’Eternel, le Créateur de l’univers va oindre le Roi-Messie à Jérusalem pour diriger l’humanité. C’est la position de Joseph, elle est royale et messianique. Lorsque Joseph se révèle à ses frères, l’épouse, Asnath, se met en arrière. Elle n’est pas dans la pièce, car Joseph a fait sortir tout le monde - Gen.45 ; cf Osée 2 :16. Ainsi en sera-t-il lorsque le Messie-Roi se révèlera à Israël. Les chrétiens, à l’instar d’Asnath, se retireront, quitteront la scène. Peut-être auront-ils été « enlevés », c’est en tous cas une manière de dire que D.ieu veut « un face à face » avec Son peuple, un RDV divin. Il veut se révéler glorieusement dans l’intimité.

 
Asnath tnoa a comme valeur numérique 7 (réduit de 511). C’est 3 plus 4. C’est D.ieu qui est descendu sur terre et s’est fait homme. Le chiffre 7 désigne la perfection – « D.ieu en l’homme ». Dans la pensée chrétienne, Yechoua/Jésus-Christ est celui qui s’est fait homme. Il est le Fils de l’homme et Il est mort, tel l’agneau de Dieu, en sacrifice pour les péchés de tous les hommes. Il est le parfait Kippour, l’ultime sacrifice. Joseph a été vendu par ses frères, jeté dans une fosse et considéré pour mort. Il est revenu à la vie et a obtenu toutes les faveurs de Pharaon, qui l’a alors élevé à la position la plus haute. Joseph est devenu l’héritier de Pharaon en Egypte, de même le Messie est l’Héritier de D.ieu et Il gouvernera la terre entière.

 
Joseph Powy a comme valeur numérique 12 (réduit de 156). Il est le Messie d’Israël, fils de Jacob, issu du peuple juif, comme Christ. De même, Asnath étant l’épouse de Joseph, il va de soi que l’Assemblée des chrétiens s’identifiant à Asnath ne peut qu’aimer Joseph et sa famille de manière passionnée.

 
On peut conclure avec un autre passage d’Esaïe – Es.11 :12-13 : « Il rassemblera les exilés d’Israël, et il recueillera les dispersés de Juda, des quatre extrémités de la terre. La jalousie d’Ephraïm disparaîtra… Ephraïm ne sera plus jaloux de Juda, et Juda ne sera plus hostile à Ephraïm »

 
Si nous disons qu’Ephraïm représente prophétiquement l’Assemblée[2], on peut conclure que D.ieu va réconcilier totalement le peuple juif et les chrétiens. Les murs d’inimitié et de jalousie tomberont et nous pourrons chanter ensemble, paraphrasant Esaïe 12 :
 

« D.ieu est notre délivrance, nous sommes plein de confiance, et nous ne craignons plus rien ; L’Eternel, l’Eternel est notre force et le sujet de nos louanges ; c’est Lui qui nous a sauvés »

 



[1] Sabra (tsabar) est l’enfant né en Israël. C’est aussi le fruit du cactus – piquant à l’extérieur et tendre en dedans.

[2] Celle des chrétiens. A distinguer de l’Eglise rebelle de la fin des temps, appelée la grande Prostituée (Apo.17)

Publié par Pasteur Gérald FRUHINSHOLZ - dans Etude d'un texte
19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 15:18

Esa--e-1.jpg« Il ne disparaîtra pas de la Torah un seul youd… » - Mat.5 :18

Y a-t-il eu traduction erronée... avec la perte d’un youd ? Voyons avec ce texte d’Esaïe 52 :13-15 :

 
Un passage contesté : Esaïe 52 :13 à 53 :12

Il n’y a dans cette étude [1] aucun motif de polémique. Il est vrai, le passage d’Esaïe 5213-5312 pose question. Dans le judaïsme, aucune parasha n’inclut ce texte. Les choses ne sont en fait pas si simples. Si Esaïe 53 dépeint d’une manière saisissante le Fils de l’homme mort sur le bois pour les péchés du monde dans la pensée chrétienne, Israël en tant que nation représente aussi le Serviteur Souffrant. Israël est la nation-témoin par excellence, le peuple juif est « théophore » - porteur de Dieu. Israël est en quelque sorte le miroir de l’humanité. Au travers du peuple juif, ayant vécu tant de persécutions, de pogroms et particulièrement au travers de la Shoah, le genre humain peut constater la noirceur de son cœur, son péché, et comprendre que sans D.ieu, le Dieu d’Israël, il n’y a pas de salut possible…

Cette étude n’a donc pas pour but de répondre à des questions théologiques, mais découle plutôt d’une recherche sincère pour une plus grande révélation… Laissons-nous interpeller par elle. Le passage qui nous occupe est celui d’Esaïe 52 :13-15, en bleu ci-dessous.

 

SEGOND (lecture traditionnelle)
10 L’Éternel découvre le bras de sa sainteté aux yeux de toutes les nations ; Et toutes les extrémités de la terre verront le salut de notre Dieu.

11  Partez, partez, sortez de là ! Ne touchez rien d’impur ! Sortez du milieu d’elle ! Purifiez–vous, vous qui portez les vases de l’Éternel !

12  Ne sortez pas avec précipitation, ne partez pas en fuyant ; Car l’Éternel va devant vous, et le Dieu d’Israël sera ton arrière-garde.

13  Voici, mon serviteur prospérera ; Il montera, il s’élèvera, il s’élèvera bien haut.

14  De même qu’il a été pour plusieurs un sujet d’effroi  – Tant son visage était défiguré, tant son aspect différait de celui des fils de l’homme  –

15  De même il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie ; Devant lui des rois fermeront la bouche ; Car ils verront ce qui ne leur avait point été raconté, ils apprendront ce qu’ils n’avaient point entendu.

Esaïe 53 :1 Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? A qui le bras de l’Éternel s’est-il révélé ?

2  Il s’est élevé devant lui comme un rejeton, Comme une racine qui sort d’une terre assoiffée ; Il n’avait ni apparence, ni éclat pour que nous le regardions, et son aspect n’avait rien pour nous attirer.

 
Un mot étrange : mich’hat
Ce passage d’Esaïe est un texte qui prête à confusion, à cause d’un mot étrange définissant le serviteur : mich’hat = mutilé, défiguré. D’où la traduction : « ainsi est-il défiguré… ». Le mot n’existe qu’une fois ailleurs : « Vous n’accepterez de l’étranger aucune de ces victimes, pour l’offrir comme aliment de votre Dieu ; car elles sont mutilées, elles ont des défauts, elles ne seraient point agréées » - Lév.22:25. Cela concerne des victimes qui ne sont pas conformes pour le sacrifice. Elles ont un défaut. Si l’on se place du point de vue du Serviteur souffrant en la personne du Messie Yechoua’, il paraît difficile de croire que l’agneau immolé à la Croix était non agréé par D.ieu et souffrait de défauts ou malformations.

 
Version 1 (traditionnelle) : Esaïe donne une description du serviteur. Nous voyons que Esaïe 49 à 57 décrit les « souffrances du Serviteur de l’Eternel », à la fois nation et Messie/homme. Celui-ci, dans notre passage, serait d’abord élevé très haut (v.13), puis il est question de lui comme étant DEFIGURE (mich’hat – txvm), et Il serait un sujet d’effroi pour beaucoup. Son visage ne serait même pas reconnaissable. Le fait qu’il s’agisse d’un homme semble acquis en tous cas, mais il aurait été battu jusqu’à ce qu’il ne soit plus semblable à un visage d’homme.

 
Un verset plus loin, le serviteur va « faire l’aspersion » sur des nations nombreuses. Il sera un sujet de joie extrême. Des rois seront incapables de parler. Stupéfaits, ils ont la bouche fermée. Faire l’aspersion vient de nazah - Lév.5:9  « Il fera sur un côté de l’autel l’aspersion du sang de la victime expiatoire, et le reste du sang sera répandu au pied de l’autel : c’est un sacrifice d’expiation ». C’est le fait du Souverain Sacrificateur. Dans ce passage donc, le Messie nous est révélé en tant que Roi et Sacrificateur. Cela rejoint le Psaume 2 lorsque D.ieu dit : « C’est moi qui ai oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte ».

 
Auparavant, dans Es.52 :10, le prophète avait décrit la Sainteté de l’Eternel : toutes les extrémités de la terre verront « le salut de notre D.ieu ». Ce salut semble désigner le Messie, puisqu’ils LE VERRONT. Et il y a aussi l’expression « le bras de Sa sainteté » –  le Messie est Son bras droit (cp Ps.110), appelé aussi « le Saint d’Israël » : « Notre rédempteur, c’est Celui qui s’appelle l’Eternel des armées, c’est le Saint d‘Israël » - Es.47 :4, et 54 :5. En Es.53 :1, on retrouve « le bras de l’Eternel » - zroa’ Adonaï. Beaucoup auront du mal à croire en Lui : « Qui a cru à ce qui nous était annoncé ?... » - Es.53 :1.

 

Le-Mashia-h.jpgVersion 2
 (notre hypothèse) : si l’on suppose que le mot « défiguré » veut plutôt dire « j’ai oint », en ajoutant alors simplement un youd (ytxvm macha’hti), les choses paraissent plus logique. Ce passage nous donne un aperçu bref et superbe de la venue glorieuse du Mashia’h, destiné à faire l’expiation sur les nations, après que D.ieu l’ait oint.

 
Ken mecha’hti txsm-Nk = « Oui, Je l’ai oint… ». Le mot oindre est plus plausible dans le contexte ! Exemple : « Je t‘ai oint pour roi… » 2 Sam.12 :7.

 
De toute façon, dans la version 1, il reste un problème qui est le mot
aleykha Kyle, au verset 14. Il signifie « à ton sujet », et ne colle pas à la version dite traditionnelle. La phrase est déjà intraduisible avec le mot txsm défiguré. Avec aleykha, cela a encore moins de sens. Selon notre hypothèse, en partant du principe que le prophète s’adresse à Israël, cela donne : « … Beaucoup seront étonnés par rapport A TOI ISRAËL qui a été dévastée » - c’est le mot shamem.  « Je les ai dispersés parmi toutes les nations qu’ils ne connaissaient pas ; le pays a été dévasté (shamem)… d’un pays de délices ils ont fait un désert » - Zach.7 :14. L’Antichrist est aussi appelé Shamem – le Dévastateur (voir Dan.12 :11).

 
On peut relier Es.52 :11-12 qui est une mise en garde sérieuse de D.ieu ainsi que l’assurance de Sa protection. Ainsi peut-on voir (dans cette hypothèse de travail) un magnifique contraste entre la dévastation d’Israël et l’onction du Mashia’h devant restaurer Son peuple et la nation. Cela nous aide alors à comprendre Esaïe 54 qui suit la description du Serviteur souffrant ayant fait l’expiation pour tous les hommes (Es.53 :11), apportant le salut pour Israël et pour toute l’humanité.

 
Lisons le début d’Esaïe 54, qui parle d’Israël comme une épouse réhabilitée : « Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantes plus ! Fais éclater ton allégresse et ta joie, toi qui n’as plus de douleurs !...  Ne crains pas, car tu ne seras point confondue ; Ne rougis pas, car tu ne seras pas déshonorée »

 
Voilà donc le texte « modifié » avec l’apport du youd :
13 – Voici que mon serviteur sera intelligent ; il se lèvera, grandira et sera prodigieusement exalté.
14 – De même que beaucoup ont été étonnés de stupeur à ton sujet (Israël), ainsi Je l’ai oint
(mecha’hti) plus qu’un homme quand à son apparence, et sa forme dépassait celle des fils d’Adam.
15 – Ainsi il aspergera
(Yazeh) des nations nombreuses ; devant lui, des rois fermeront la bouche, car ce qui ne leur avait pas été raconté, ils le verront ; ce qu’ils n’avaient point entendu, ils le comprendront.

 

En conclusion : Cette hypothèse de travail concernant Esaïe 52 :13-15 ne reste qu’une hypothèse… Il nous semblait juste intéressant de la mentionner. En Matthieu 5 :18, Jésus précisait: « … Je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre. ». Le iota est en grec la plus petite lettre de l’alphabet, et il équivaut au youd hébreu. Sachons au demeurant que les Evangiles ont probablement été pensé et écrit en hébreu puis traduit en grec.

 
Un youd se serait-il alors malencontreusement perdu, altérant ou rendant peu compréhensible ce texte si fort à propos du Messie d’Esaïe 52 ? On ne le saura peut-être jamais, peu importe. Cela nous montre en tous cas que la perte ou l’ajout d’un seul « trait de lettre » ou  youd peut gravement modifier un texte.

 

Les Massorètes

rachi.jpgCela nous montre aussi le travail extraordinaire de précision des « Massorètes », de ceux qui ont pris soin des Ecritures pour nous les transmettre. En hébreu, « tradition » se dit masorah. Vers le VIe siècle de notre ère, les dépositaires de la tradition consistant à copier fidèlement les Écritures hébraïques ont fini par être connus sous le nom de massorètes. On appelle textes massorétiques les copies qu’ils ont réalisées.                                                                  

Les Massorètes étaient extrêmement appliqués. Ils élaborèrent divers systèmes de vérification. Dans leur souci de ne rien oublier du texte biblique, ils comptèrent non seulement les mots, mais aussi les lettres. Pour avoir une idée du travail que cela représentait, sachons qu’ils recensèrent 815 140 caractères dans les Écritures hébraïques.

 
L’hébreu avait cessé d’être une langue nationale et vivante. Beaucoup de Juifs ne le parlaient plus. Des groupes de massorètes à Babylone et en Israël ajoutèrent alors des signes aux consonnes pour indiquer l’accentuation correcte et la bonne vocalisation. Ils mirent aussi en place un système complexe de signes servant à la fois de ponctuation et de guide phonétique. Au moins trois systèmes furent élaborés, mais la primauté revint à celui des massorètes de Tibériade, près de la mer de Galilée, patrie des Ben Asher. La famille Ben Asher compta 5 générations de massorètes, à compter d’Asher l’Ancien jusqu’au 8e siècle.

A D.ieu soit la gloire ! Aux Massorètes soit le mérite de nous avoir transmis la Parole de D.ieu !



[1] Cette découverte ne m’est pas imputable. D’autres chrétiens avaient creusé cette idée du « youd manquant ».

Publié par Pasteur Gérald FRUHINSHOLZ - dans Etude d'un texte