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- Novembre / Décembre 2016 -

12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 11:59

Y a-t-il un combat dont dépendrait la survie morale de l’Eglise ?... On peut le discerner dans le message de Yitro. La parasha YITRO est importante dans la pensée juive car elle englobe les chapitres 18 à 20 du livre de l’Exode, incluant le don de la Torah sur le Sinaï. Jéthro (en hébreu Yitro) était sacrificateur de Madian, et c’est donc un non-Juif qui a son nom comme titre de la parasha Yitro.

 

On peut ainsi résumer l’histoire de Jéthro (yitro = son excellence) : Jéthro était sacrificateur de Madian et il est devenu le beau-père de Moïse. Il est aussi appelé Réuel (= ami de Dieu). Le nom de Jéthro était, semble-t-il, son titre. Les sept filles de Jéthro faisaient paître ses troupeaux et Moïse, qui s’était enfui d’Égypte, rendit service à ces bergères. Jéthro l’accueillit et lui donna en mariage Séphora, l’une des sept filles et Moïse s’occupa durant 40 ans des troupeaux de son beau-père. Puis Moïse fut appelé par Dieu à retourner en Égypte, pour délivrer le peuple hébreu. Après le passage de la Mer rouge, Jéthro rendit grâces à D.ieu qui avait libéré le peuple issu de Jacob. Il offrit même un holocauste et des sacrifices à l’Eternel, et « Aaron et tous les anciens d’Israël vinrent participer au repas avec le beau-père de Moïse, en présence de D.ieu » - Ex 18.12. Puis, constatant que Moïse s’épuisait à trancher des litiges de peu d’importance, Jéthro lui conseilla de nommer des juges parmi le peuple pour l’aider dans sa tâche.

 

Selon la pensée juive

Les anciens dans la tradition juive disent que Jéthro est un grand personnage, qu’il a été comme un pape dans sa religion. Il savait ce que Dieu avait fait pour le peuple hébreu - les miracles des plaies et le passage de la Mer rouge. Pourtant, les Juifs disent que ce n’est pas cela qui surprit Jéthro. Il connaissait les miracles, sachant que ce n’est pas cela qui donne la foi. Effectivement, on peut voir des personnes guéries miraculeusement qui ne s’attachent pourtant pas à D.ieu. L’histoire des 10 lépreux dont un seul est revenu vers Jésus, le démontre – Luc 17.11-19.

 

Jéthro attendait en fait le moment où il n’y aurait plus de miracles ! « Quand les miracles vont cesser, comment va réagir le ‘am Israël - le peuple hébreu ?... C’est là que l’on verra comment est leur Dieu, s’il est différent des autres dieux ». Nous voyons durant l’épisode de Rephidim (Ex 17) que le peuple assoiffé  murmura contre Moïse, voulant même le lapider. Il avait oublié les miracles… Ce que Jéthro va admirer alors, c’est la réponse de Dieu : juste après que le peuple ait pu boire au rocher d’Horeb, Il le confronte à Amalek. Ce passage précède la parasha Yitro : c’est la guerre avec un ennemi féroce, du nom d’Amalek. Jusqu’à la venue du Mashia’h, il est dit qu’Amalek confrontera Israël à chaque génération.

 

Le message de Jéthro

« Voilà en quoi votre D.ieu est grand : au lieu de vous satisfaire en permanence, il vous confronte à votre ennemi de toujours… Amalek est le secret de l’éternité d’Israël ! Amalek est la garantie de sa survie… Grâce à Amalek, vous, le peuple juif, traverserez l’Histoire… Alors, supportez Amalek ». C’est ainsi qu’un rabbin dernièrement plaçait ces paroles dans la bouche de Jéthro selon la parasha Yitro.

 

Qu’est-ce qu’il en est pour nous chrétiens ? Peut-on adapter ce message au peuple de la nouvelle Alliance, l’Eglise ?... En fait, si l’on comprend qu’Amalek personnifie le mal, oui, il y a un combat permanent pour le chrétien face au mal, face à l’ennemi de toujours appelé « Prince du monde ».  Le côté positif est que, d’une certaine manière, cet « Amalek » est pour nous chrétiens un tremplin pour nous propulser en avant, par la foi. De même que cet ennemi d’Israël a obligé le peuple juif à garder sa foi, à résister à l’assimilation et donc à sa disparition pure et simple, de même D.ieu se sert de cet ennemi pour stimuler notre foi, afin que nous restions vivants pour Lui.

 

Le combat aiguise nos sens, nous plaçant en alerte permanente. Il nous force à utiliser les armes données par D.ieu, et au bout du compte, il nous fait grandir. Dans l’histoire, nous voyons combien l’Eglise ayant subi les persécutions, croît en force et en nombre. La première Communauté du temps des apôtres en témoigne avec les miracles qui accompagnent son histoire ! L’actuelle Eglise en Chine, comme dans d’autres pays où les chrétiens sont persécutés, témoigne aussi de sa vitalité et cette Eglise est invisible…

 

De l’autre côté, et c’est le cas de notre Europe confortable aujourd’hui déchristianisée, sans opposition véritable, l’Eglise se ramollit, perd sa saveur, sans force spirituelle au sein de la nation. Apocalypse 3 parle de la dernière Eglise : elle est à l’image de celle de Laodicée. Cette communauté se croit riche et elle est en fait aveugle ! Sa foi est tiède et D.ieu vomit les tièdes… Elle n’a besoin de rien, alors qu’elle devrait crier à D.ieu pour se repentir de sa tiédeur, de son manque d’amour et d’unité.

 

D.ieu va-t-il utiliser Amalek, l’ennemi d’Israël, pour faire réagir l’Eglise occidentale ? C’est ce que l’Eternel faisait avec Israël, lorsque cette dernière oubliait son D.ieu : Il suscitait un ennemi féroce qui obligeait le peuple à crier à Lui… « Voici, J’ai créé l’ouvrier qui souffle le charbon au feu, et qui fabrique une arme par son travail ; Mais J’ai créé aussi le destructeur pour la briser » - Esaïe 54.16.  

 

Confronter Amalek, l’ennemi farouche

Comme pour Israël, Amalek est notre ennemi ! « Amalek vint combattre Israël à Rephidim » - Ex 17:8. Rephidim, c’était la dernière étape avant le Sinaï : la manifestation glorieuse de D.ieu avec le don de la Loi. Sachons déjà qu’Amalek s’opposera à tous ceux qui s’approcheront de Dieu, et à tout chrétien qui cherche à faire Sa volonté. Amalek est l’ennemi de Dieu, d’Israël, et de tous ceux qui s’attachent au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. C’est un ennemi farouche. Voilà pourquoi Moïse a dû demander l’assistance active d’Aaron et Hur, pendant que Josué combattait dans la vallée.  Plus loin, D.ieu dira à Moïse : « Souviens-toi… Tu effaceras la mémoire d’Amalek de dessous les cieux… Ne l’oublie point ! » - Deut 25.17-19. Voilà un combat voulu de D.ieu.

 

Le combat de la foi

Concernant la foi chrétienne, nous ne pouvons détailler ici l’étendue de l’œuvre de la Croix. Le Seigneur est venu sur la terre il y a 2000 ans pour faire l’Expiation (le Kippour) et offrir à l’Humanité par un sacrifice définitif, une possibilité incroyable de salut. A la croix, l’Ennemi de toujours a perdu son venin, la puissance du péché a été abolie. Quiconque, à l’image du serpent d’airain de Moïse (Nombres 21.8), regarde à la Croix et met sa confiance en Jésus, obtient la salut et la vie éternelle. C’est la Nouvelle Alliance qui permet que l’Esprit habite « en nous ». Cet Esprit fait du croyant une personne nouvelle (née de nouveau - Jean 3) le rendant capable de remplir sa tâche (ou ministère) et aussi de combattre Amalek. Où situer ce combat ?

 

- Tout d’abord, il y a le combat intérieur concernant tout chrétien. En sachant que le péché a été cloué à la croix et que D.ieu nous a « justifiés », nous réalisons que notre nature est toujours pécheresse ! Nous avons le libre-arbitre et notre propre volonté pour continuer à pécher. Un chrétien peut-il dire le contraire ?... Le Christianisme a raté sa vocation, celle de démontrer l’amour de D.ieu dans le monde. Le combat intérieur chez le chrétien se situe dans la sanctification : si l’œuvre de la croix est la part de D.ieu, le sacrifice personnel est la part du chrétien : « Sans la sanctification, nul ne verra D.ieu » - Héb 12.14. Nous devons offrir nos vies et faire la volonté du Père, selon Romains 12.

 

C’est le combat de toute une vie, celui d’accéder à la perfection et d’être saint comme D.ieu est saint. Or cette « perfection », c’est l’offrande de notre vie, c’est la soumission à D.ieu en étant pour Lui comme un serviteur au service du Maître. Dans cette attitude, Il nous rend saints et parfaits, accomplis.

 

- Participer au combat contre Amalek, l’ennemi d’Israël, c’est bien sûr dans la prière et l’intercession mais c’est aussi dans un engagement physique, concret. Le ministère de tout chrétien/disciple est d’aimer D.ieu, en faisant Sa volonté et en aimant son prochain. Aimer quelqu’un ne nécessite pas seulement la prière. Aimer sa femme, la chérir, la protéger et la soutenir, c’est lui démontrer son amour par des actes concrets. Aimer Israël, prunelle de l’œil de D.ieu, suppose les mêmes actions, en étant à ses côtés dans les temps difficiles notamment. Or si l’Amalek d’aujourd’hui est représenté par l’Islam radical – dans le passé, c’était le Nazisme, le Communisme mais aussi le Christianisme (dévoyé) –  nous devons en tant que croyants, rentrer dans le combat qui devient alors un engagement physique autant que spirituel.

 

Un engagement total contre Amalek

Esther bien que reine du temps d’Assuérus, dût prendre une décision pouvant lui coûter la vie. Mardochée lui ayant dit que le sort du peuple juif reposait sur elle, Esther savait qu’elle risquait sa vie en osant braver le roi pour lui demander d’annuler l’ordre de destruction du peuple juif signé par Haman. Mardochée lui dit ceci, qui doit nous interpeller en tant que « fils et filles du Roi » : « Ne t’imagine pas que tu échapperas seule d’entre tous les Juifs, parce que tu es dans la maison du roi ; car, si tu te tais maintenant, le secours et la délivrance surgiront d’autre part pour les Juifs, et toi et la maison de ton père vous périrez. Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? ». Qui sait si ce n’est pas pour ce temps (dernier) que le Seigneur a suscité l’Eglise et l’a fait parvenir à la royauté (spirituellement) ?...

 

Sous le régime nazi, le pasteur et allemand Dietrich Bonhoeffer s’engagea à lutter contre Hitler avec ses moyens – du haut de la chaire, par des articles et des conférences. Il disait : « Celui qui ne crie pas pour les Juifs ne peut louer Dieu ».  Son action réveilla bon nombre de ses coreligionnaires, mais il le paya de sa vie et fut pendu dans une prison, sur l’ordre express d’Hitler. D’autres pasteurs, des prêtres et de simples chrétiens ont agi ainsi pour sauver les Juifs durant la dernière guerre mondiale. Ils ont risqué leur vie pour cela car ils étaient prêts à agir pour le Seigneur. C’était un combat qui leur paraissait juste.

 

Aujourd’hui, la situation redevient semblable. A nouveau, Israël et le peuple juif sont à la merci de fous dangereux ayant la capacité de détruire l’Etat hébreu et donc d’anéantir les promesses divines. Quelle doit être notre attitude en tant que serviteurs de l’Eternel ?... La même que celle d’Esther : agir en faveur du peuple de D.ieu pour le délivrer de l’opprobre des nations, se placer résolument du côté d’Israël. En défendant Israël, nous défendons l’honneur de D.ieu. De ce combat dépend la survie morale de l’Eglise. De la participation des chrétiens à cette dernière grande bataille de l’Histoire, sortira la vraie Eglise, celle qui prend à cœur les projets du Père et s’y engage avec ardeur, bouillante pour le Seigneur.

 

Le message de Jéthro qui a été d’une grande aide pour Moïse et le peuple hébreu est un message prophétique pour notre temps. Plus que jamais, nous devons collaborer aux plans divins et affronter ensemble l’Amalek d’aujourd’hui. Comme pour Israël qui a pu survivre jusqu’à maintenant dans la confrontation permanente, l’obligeant à garder sa foi, l’ennemi Amalek « nous aide » à aller de l’avant en nous obligeant à prendre notre place dans les projets de D.ieu et en revivifiant notre relation avec le Père.

 

Merci Seigneur pour TES plans qui dépassent nos pensées,

que nous y participions avec zèle et générosité !...

9 mars 2009 – 13 Adar, jour du jeûne d’Esther

 

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Publié par Pasteur Gerald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement