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- Novembre / Décembre 2016 -

29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 15:06

Job dans le judaïsme[1]
job-3.jpg« Dans La littérature du Midrach, le livre de Job occupe une place importante en ce qui concerne les questions de justice et d’équité divine. Le Talmud relève cependant que les sages se demandent si Job a réellement existé. Selon certains, Job aurait vécu à l’époque d’Abraham et le livre aurait été composé par Moise. D’autres, plus nombreux, pensent qu’il vivait à l’époque de Moïse, ou bien qu’il revenait de l’exil de Babylone, d’autres encore estiment qu’il aurait vécu à l’époque des Juges ou encore d’Assuérus. Enfin il y a l’idée que Job n’a jamais existé, et l’ensemble du livre serait alors à considérer comme une parabole sur la souffrance du juste, la rétribution et le châtiment. Une autre discussion rabbinique porte sur la question de savoir si Job était juif ou non et s’il était un homme intègre. La plupart des sages le considèrent comme un juste, certains estimant qu’il l’était même plus qu’Abraham…

 
D’après le Talmud, le grand prêtre lisait le livre de Job avant Yom Kippour, au moment où il présentait l’expiation collective du peuple d’Israël. Le rituel ashkénaze ne prévoit la lecture de ce livre à aucune occasion, mais selon le rituel sépharade, la lecture en est faite le jour de Ticha be-Av, le jeûne commémorant la destruction des deux temples. Le livre de Job et son sombre message, fait partie des quelques livres dont la lecture est autorisée par les rabbins lors de la période du deuil ».

 
Job dans la pensée chrétienne
Selon les Protestants[2], « le sujet du livre de Job est celui des voies providentielles et morales de Dieu, en rapport avec le problème de la souffrance d’un homme juste. Ni Job, qui chercha à se justifier, ni ses trois consolateurs qui l’accusèrent de péché, ne trouvèrent de réponse à ce problème. Pour Elihou, la souffrance de Job était un châtiment permis par Dieu pour sa purification et sa sanctification. Bien que supérieur à celui de ses prédécesseurs, le concept d’Elihou ne proposait par pour autant de solution satisfaisante.

Puis, Dieu se révéla Lui-même en majesté et en puissance (Job 38-41). Alors seulement, Job, cet « homme intègre et droit », se détourna de sa propre justice pour s’humilier : « Je me condamne et me repens sur la poussière et sur la cendre » (Job 42 :6). Ayant découvert qu’il était en lui-même plus mauvais que toute faute qu’il aurait commise, Job émergea de la souffrance pour être rétabli et béni ».


Une autre voie, la voie prophétique
Job - bwya (prononcer ‘iyyov) signifie : « haï, persécuté ». Un autre sens serait : « Je m’exclamerai ». Ces deux significations parlent d’Israël ! Isaac veut dire « il rira », et Joseph « il ajoutera ». Israël est souvent nommé au futur, parce que sa vocation est liée à la venue du Messie qui viendra à la fin des temps. Comme Job, Israël a été et demeure un peuple persécuté mais le temps vient où il va « s’exprimer », proclamer haut et fort sa loyauté envers le Saint d’Israël, et devenir une vraie bénédiction pour l’humanité.

 
La justice de ma cause sera reconnue !
Acculé par le discours moralisateurs des trois consolateurs qui n’en sont pas, Job est amené plus près de D.ieu, son seul véritable et interlocuteur. Rejetant en bloc toute accusation de ses amis qui s’acharnent à ne voir que péché comme cause de la souffrance, Job prend D.ieu à témoin. Il se dit juste et interpelle le Créateur. Certains voient de la suffisance dans la certitude de Job à se croire innocent et juste. Mais D.ieu n’a-t-il pas dit qu’il n’y a « personne comme lui sur la terre -  un homme intègre et droit, craignant D.ieu et se détournant du mal, ferme dans son intégrité » ? – Job 2 :3. Doit-on mettre D.ieu en doute ?

 
Au fond de sa souffrance, rejeté par ses amis, Job a cette parole extraordinaire : « Je sais que mon Rédempteur est vivant !... dans ma chair, je contemplerai D.ieu ! » - Job 19 :25-29. Quelle belle assurance ! Plus loin, il prend à partie les « consolateurs fâcheux » (16 :2), qu’il nomme aussi « médecins du néant » (13 :4), et il leur dit : « La justice de ma cause sera reconnue ! » (19 :28). Mot à mot, cela donne : « La racine de la chose se trouve en moi » - shoresh davar bi. Cette parole interpelle, si l’on pense à Israël.

 
Le peuple juif en souffrance
Comme Job, Israël vit depuis la période de la destruction du temple, un exil de souffrance. A ce moment, Israël perdit tout – son héritage, sa terre, le temple, les bénédictions de la vie. Puis, dans un deuxième temps, le peuple juif en diaspora subit l’opprobre des nations, et il fut persécuté dans sa chair, comme Job. On doit dire avec tristesse que ce sont les chrétiens qui pour beaucoup furent les persécuteurs ! Puis il y eut des « consolateurs », de gentils chrétiens, disant aux Juifs que s’ils avaient tant souffert, c’est qu’ils le méritaient, puisqu’ils avaient péché. Israël avait soi-disant commis un « déicide », en tuant Jésus[3] . Avec horreur, dans un monde dit civilisé, cultivé, le peuple juif fut entraîné dans une spirale de destruction effroyable au travers de la Shoah. La Shoah est un événement unique dans l’humanité, il révèle la bestialité de l’être humain, sa haine la plus folle, et le péché le plus noir.

 
La cause de SION, le mystère de D.ieu
Que dit la Bible concernant la justice divine à l’égard d’Israël ? : « C’est un jour de vengeance pour l’Eternel, une année de représailles pour la cause de Sion » - Es.34:8. D.ieu va venger Israël du mal qui lui a été fait par les nations ! Et qu’est-ce le Seigneur nous dit, à nous les nations - les chrétiens ? : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre D.ieu…Parlez au cœur de Jérusalem et criez-lui que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée, qu’elle a reçu de la main de l’Eternel au double de ses péchés » - Es.40.

shophar-x.jpgQue demande Job à ses amis ? : « Ayez pitié, ayez pitié de moi, vous mes amis ! Car la main de D.ieu m’a frappé ! » - Job 19 :21. La cause de SION est « le fond du problème », la racine de la cause – shoresh davar. Israël est « un mystère », nous dit l’apôtre Paul, et il convient de ne pas l’ignorer (Rom.11 :25). La souffrance de Job est liée à la provocation de satan. Il sera rétabli et la Bible nous dit qu’Israël sera rétablie comme nation ! « L’Eternel fera de toi la tête et non la queue, tu seras toujours en haut et tu ne seras jamais en bas… » - Deut.28 :13.

Que demande D.ieu aux « serviteurs de l’Eternel » qui désignent ceux qui Le connaissent, c'est-à-dire des intercesseurs ? : « Sonnez de la trompette en SION !... qu’entre le portique et l’autel pleurent les sacrificateurs, serviteurs de l’Eternel et qu’ils disent : Eternel, épargne ton peuple ! Ne livre pas ton héritage à l’opprobre, aux railleries des nations !... L’Eternel est ému de compassion pour Son pays et Il épargne Son peuple » - Joël 2 :15-17. La cause de SION est de la même veine que celle de JOB ! Ne soyons donc pas comme les « amis de Job » qui n’en sont pas, et accusent Job / Israël de péché. D.ieu nous dit qu’Israël est « un mystère ». Elihou disait de Job : « Job parle sans intelligence, et ses discours manquent de raison. Qu’il continue donc à être éprouvé, puisqu’il répond comme les méchants ! Car il ajoute à ses fautes de nouveaux péchés… il multiplie ses paroles contre D.ieu ! » - Job 34 :35-37. N’est-ce pas ce les nations disent d’Israël aujourd’hui ? Tout ce que fait l’Etat hébreu en faveur de la paix se retourne contre eux, et des médias ont publié des statistiques qui disent même qu’Israël et les Juifs menacent la paix dans le monde. La situation n’a donc pas changé depuis Job. Plusieurs exégètes se sont posés la question si Job était juif ou pas, mais cela paraît évident à cette lecture.

 
Yossel Rakover, le « Job » du 20e siècle

Un jeune rabbin vécut quelque chose de similaire à Job, durant le terrible ghetto de Varsovie. On retrouva le texte qu’il écrivit, l’ayant dissimulé dans une bouteille d’essence qu’il avait auparavant versé sur lui pour s’immoler avant l’arrivée des tueurs nazis. L’un après l’autre, il avait perdu ses six enfants, et en premier lieu sa femme, tuée dans un bombardement. Voici ce qu’il écrivit – « Lettre de Yossel Rakover à Dieu » :

[…] « 
Je crois qu’être juif est, de naissance, inscrit dans notre chair. On naît juif comme on naît artiste, impossible de s’en libérer. C’est là la marque divine imprimée en nous, qui fait de nous son peuple élu. Ceux qui ne comprennent pas, ceux-là ne saisiront jamais le sens profond de noire martyrologe. « Il n’existe rien de plus entier qu’un coeur brisé », a dit un jour un grand rabbi. Et il n’est pas de peuple plus élu qu’un peuple torturé en permanence. Si je me refusais à croire que Dieu nous a désignés comme son peuple élu, je croirais cependant que nous avons été élus par nos souffrances.

Je crois au Dieu d’Israël, même s’il a tout fait pour que je ne croie pas en Lui. Je crois à Ses lois, même si je ne peux trouver de justification à Ses actes. Maintenant je n’ai plus envers Lui une relation d’esclave à son maître, mais d’élève à son professeur. Je courbe ma tête devant sa grandeur, mais je ne baiserai pas les verges dont Il me frappe. Je L’aime. Mais j’aime davantage encore Sa Torah. Même si je m’étais fait des illusions sur Lui, je continuerais à observer Sa loi. Dieu signifie religion, mais Sa Torah signifie une règle de vie ! Et plus nous mourons pour cette règle de vie, plus elle devient immortelle.

C’est pourquoi permets-moi, Dieu, de Te demander raison avant de mourir. Désormais libre de toute peur, empli d’une absolue tranquillité et sécurité intérieures, je veux m’adresser à Toi pour la dernière fois de ma vie. Tu dis que nous avons péché ? Mais évidemment ! Et nous en serions punis ? Cela aussi je peux le comprendre. Mais je veux que Tu me dises s’il existe en ce monde un péché méritant un châtiment pareil à celui qui nous a été infligé ! […]

« Mon rabbi m’a maintes fois raconté l’histoire d’un Juif qui, avec sa femme et leur enfant, avait fui l’Inquisition espagnole. Il avait pris la mer à bord d’un petit bateau, et réussi malgré la tempête à gagner un îlot rocailleux. Là, un éclair foudroya la femme. Puis, une tornade emporta l’enfant dans les flots. Seul, malheureux comme les pierres, en loques pieds nus, fouetté par le vent, épouvanté par le tonnerre et les éclairs, échevelé et les mains levées vers le ciel, le Juif a poursuivi son chemin sur le roc désolé et s’est adressé à Dieu : « Dieu d’Israël, dit-il, j’ai fui jusqu’ici pour pouvoir Te servir librement, pour observer Tes commandements et sanctifier Ton nom. Mais Toi, tu fais tout pour m’empêcher de croire en Toi. Cependant, si Tu penses réussir à me détourner du droit chemin par ces épreuves, je Te crie, mon Dieu et Dieu de mes ancêtres : Tu en seras pour Ta peine. Tu as beau m’offenser, me fustiger, Tu as beau m’enlever ce que j’ai de plus cher et de plus précieux au monde, me torturer à mort – je croirai toujours en Toi. Je T’aimerai toujours, toujours – Envers et contre Toi ! »

Et ce sont aussi les dernières paroles que je T’adresse, ô mon Dieu en courroux : cela ne Te servira à rien ! Tu as tout fait pour me faire douter de Toi, pour que je ne croie pas en Toi. Mais je meurs exactement comme j’ai vécu, avec une foi sans faille. Loué soit à jamais le Dieu des morts, le Dieu vengeur, de vérité et de justice, qui bientôt dévoilera à nouveau Sa face au monde et de Sa voix toute-puissante l’ébranlera dans ses fondements. « Chema Israel ! Ecoute Israël, I’Eternel notre Dieu, l’Eternel est Un. Dans Ta main, ô Seigneur, je remets mon souffle ! »

 
JOB / Israël rétabli !
Nous savons qu’Israël sera rétablie, de la même manière que Job a été rétabli : « L’Eternel rétablit Job dans son premier état, quand Job eut prié pour ses amis ; et quand l’Eternel lui accorda le double de tout ce qu’il avait possédé… Pendant ses dernières années, Job reçut de l’Eternel plus de bénédictions qu’il n’en avait reçu dans les premières… Job vécut après cela 140 ans, et il vit ses fils et les fils de ses fils jusqu’à la 4e génération. Et Job mourut âgé et rassasié de jours. »

 
De même pour Israël : « En ce temps-là, Je relèverai de sa chute la maison de David, J’en réparerai les brèches, J’en redresserai les ruines, et Je la rebâtirai comme elle était autrefois » - Amos 9 :11, et ainsi Israël pourra dire comme Job :

« Mon oreille avait entendu parler de toi ; mais maintenant mon oeil te voit » - Job 42 :5

 


[1] Selon le Dictionnaire encyclopédique du Judaïsme

[2] Notamment selon la version de la Bible Segond Scoffield

[3] Jésus a donné sa vie comme un sacrifice. Personne ne lui a pris selon ses propres paroles. Et sur la croix, Jésus a dit : « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». L’accusation de « déicide » n’est en aucun cas justifiée. 



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Publié par Pasteur Gérald FRUHINSHOLZ - dans Enseignement